Après une absence de deux mois, Arthur Fils retrouve les courts cette semaine à l’occasion de l’Open du Canada. Contraint de mettre sa saison entre parenthèses à Roland-Garros en raison d’une fracture de fatigue au dos, le numéro un français revient avec enthousiasme mais aussi avec prudence. Car plus que jamais, il sait que son corps doit désormais dicter le tempo.
On l’avait quitté frustré et meurtri, après avoir quitté Roland-Garros prématurément, stoppé avant son troisième tour suite à une victoire arrachée dans la douleur contre Jaume Munar. Depuis, Arthur Fils a pris le temps de se reconstruire. Huit semaines d’interruption, dont deux sans activité, quatre dédiées au travail physique, et une reprise progressive du tennis depuis une dizaine de jours. Le jeune Français savoure ce retour à la compétition : « Ça fait du bien d’être de retour, ça m’a manqué », a-t-il confié à L’Équipe.
Tourner la page, retrouver le rythme
Ce come-back à Toronto est bien plus qu’un simple tournoi. Pour Fils, il s’agit avant tout de se réacclimater au rythme du circuit, retrouver ses sensations et préparer au mieux l’US Open. Son objectif est clair : reprendre le fil de sa belle progression entamée depuis 2023. De la 112e place mondiale l’an dernier à la 14e en mai 2025, le Français a gravi les échelons avec force et régularité, s’invitant à trois reprises en quarts de finale en Masters 1000 cette saison.
Mais après avoir manqué Wimbledon, il sait que le plus important est de ne pas précipiter les choses. « Ce tournoi est une préparation. Je veux rejouer des matchs, retrouver la compétition, le niveau et l’adrénaline », explique-t-il, lucide sur son état physique encore fragile.
Un talent freiné par les pépins
À 21 ans, Arthur Fils est déjà considéré comme le pilier du tennis tricolore. Mais son ascension fulgurante s’est accompagnée de pépins physiques récurrents. Entre un abandon à l’Open d’Australie à cause d’un pied douloureux et ce dos qui l’a trahi à Roland-Garros, le jeune Français doit apprendre à ménager son corps. Et il ne s’en cache pas : « J’ai des problèmes de dos depuis tout jeune. Je n’ai pas encore le physique que j’aurai à 25 ans. Il me reste beaucoup de travail à faire pour mieux gérer la durée des matchs et l’enchaînement des tournois. »
Un constat partagé par Mats Wilander : « Tout repose sur le physique pour Arthur. S’il est en forme, son mental fera la différence. »
La patience comme alliée
Conscient des risques, Fils et son entourage ont choisi de ne pas précipiter son retour. Wimbledon a été évité, et même Washington jugé trop tôt. Toronto sera donc un test, mais sans pression inutile. « C’est une blessure sérieuse, il faut rester vigilant », assure-t-il, tout en se montrant philosophe : « Les blessures font partie du parcours d’un athlète. Il y en aura d’autres, j’espère juste qu’elles seront moins importantes. »
Heureux, déterminé mais prudent, Arthur Fils avance avec sagesse : « Je me sens mieux chaque jour, j’ai hâte de rejouer, d’entendre les gens crier mon nom. » S’il doit encore apprivoiser son corps, l’envie est intacte. Et cela pourrait suffire à relancer une saison qui lui tendait les bras avant que son dos ne le trahisse.




