Almaty et Pafos, deux clubs dont le nom évoque peu pour la plupart des amateurs de football, se sont soudainement imposés sur la scène européenne. Ce mardi, ces deux équipes ont assuré leur place pour la phase de groupes de la Ligue des Champions, chacune avec une trajectoire étonnante et atypique.
Pafos : onze ans et déjà la Ligue des Champions
Le Pafos FC, club chypriote fondé il y a seulement onze ans suite à la fusion de deux équipes modestes, a réussi un parcours exceptionnel. Champion de Chypre la saison dernière, il devient ainsi le troisième club du pays à accéder à la Ligue des Champions, après l’APOEL Nicosie et l’Apollon Limassol. Pour ses deux tours de qualification, Pafos a dû jouer au stade de Limassol, son propre stade ne répondant pas aux normes requises.
Le club, détenu par l’oligarque russe Sergueï Lomakine – qui avait un temps envisagé le rachat de l’ASSE en 2021 –, incarne le renouveau du football chypriote. Après une première expérience en Ligue Conférence la saison passée, les joueurs ont franchi tour après tour les étapes de qualification.
Sur le plan sportif, l’équipe est entraînée depuis deux ans par Juan Carlos Carcedo, ancien adjoint d’Unai Emery pendant douze ans, et compte parmi ses joueurs l’expérimenté David Luiz, 38 ans. L’effectif, mêlant Brésiliens et Portugais, est estimé à 20 millions d’euros, l’un des plus modestes de la compétition. “C’est une équipe typique de l’Est : diverses nationalités, peu de locaux, des joueurs confiants et expérimentés. Cela va être compliqué en Ligue des Champions, mais ils ont trouvé une recette efficace”, résume Martial Debeaux, spécialiste du football grec et chypriote.
Almaty : la surprise venue de l’Est
À 6 000 km à l’est, le Kaïrat Almaty, deuxième ville du Kazakhstan avec 453 000 habitants, crée également la surprise. Le club a éliminé le Celtic Glasgow aux tirs au but, grâce notamment à son gardien Temirlan Anarbekov. Fondé en 1954 et détenu à 70 % par KasRosGaz, filiale de Gazprom, le Kaïrat connaît ses plus belles heures depuis qu’il a rejoint l’UEFA en 2002, après l’indépendance du Kazakhstan.
Champion du Kazakhstan la saison dernière, le Kaïrat dispute pour la troisième fois les qualifications de la Ligue des Champions. Son effectif, évalué à 12,8 millions d’euros, est composé majoritairement de joueurs locaux, très peu exportés, à l’exception de Datsan Satpaev, prêté par Chelsea jusqu’en 2026. “Cette qualification va mettre le club sur la carte, à la fois pour les téléspectateurs et les supporters internationaux”, souligne Kévin Veyssière, fondateur de FC Geopolitics.
Si leurs moyens financiers restent modestes face aux géants européens, ces deux clubs offrent à leurs supporters une saison exceptionnelle et une expérience unique en Ligue des Champions.




