ATP 250 Almaty – Daniil Medvedev, de la spirale négative au renouveau

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Des éliminations précoces en Grand Chelem, des résultats en berne, un moral en berne, puis la rupture avec son coach historique : Daniil Medvedev a traversé une période sombre, longue et difficile. Mais à l’aube de cet automne, le Russe semble enfin retrouver la lumière. Son sacre à Almaty, dimanche, en est la preuve éclatante. De retour au premier plan, jusqu’où peut-il aller ?

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Le choix du travail plutôt que l’argent facile

La semaine dernière, certains ont fait gonfler leur compte en banque sans trop d’efforts, à l’image d’Alexander Zverev ou de Stefanos Tsitsipas, bien rémunérés au Six Kings Slam. Medvedev, lui, a préféré un autre chemin. Loin des projecteurs et des paillettes, il a choisi le circuit ATP classique, s’inscrivant à Almaty.

« Je m’étais engagé à jouer ici, donc je m’y tiens », expliquait-il à son arrivée. « J’ai besoin de points, de matches, de compétition réelle. » Pari gagnant : à Almaty, Medvedev a renoué avec le succès, et sans doute avec lui-même.


Un titre au goût particulier

En battant Corentin Moutet en finale, l’ancien numéro 1 mondial a mis fin à une disette de 882 jours sans titre, son dernier trophée remontant à Rome en mai 2023. Certes, ce n’est « qu’un » ATP 250, mais pour lui, cette victoire vaut bien plus :

« C’est la première fois que je joue sous les yeux de ma femme et de mes deux filles. Gagner ici, c’est très spécial. »

Ce triomphe a aussi valeur de renaissance. Retombé à la 18e place mondiale, miné par le doute et une forme d’épuisement mental, Medvedev semblait à la croisée des chemins. La séparation d’avec Gilles Cervara, son entraîneur de toujours, symbolisait cette crise. À 29 ans, beaucoup le pensaient sur la pente descendante. Mais depuis quelques semaines, le Russe s’est relancé à une vitesse impressionnante.


Un nouvel élan avec Johansson et Goetzke

Sous la houlette de son nouveau duo d’entraîneurs, Thomas Johansson et Rohan Goetzke, Medvedev affiche un visage transformé. Demi-finaliste à Pékin puis à Shanghai, vainqueur à Almaty, il affiche un impressionnant bilan de 12 victoires en 14 matches. En trois tournois, il a récolté 850 points, soit plus que lors de ses dix précédents réunis.

S’il reste loin d’une qualification pour le Masters, cette série victorieuse lui a redonné confiance et crédibilité. Les voyants repassent au vert.


Reconstruction patiente et ambitions retrouvées

Peut-il maintenir ce niveau sur la durée ? « Avec Thomas et Rohan, on s’entend très bien. Ils se complètent, il y a une bonne dynamique. Pour l’instant, ça marche, on verra comment ça évolue », confiait-il prudemment.

S’il admet encore chercher la régularité, Medvedev assure que son jeu est toujours là :

« J’ai été numéro 1 mondial. Il ne me manque que quelques détails à ajuster. »

C’est justement sur ces détails — en coup droit, en revers, au service — qu’il concentre désormais ses efforts. Objectif : transformer le cercle vicieux des derniers mois en un cercle vertueux durable.


Vers un retour parmi les meilleurs ?

La tournée européenne en indoor, qui lui a souvent réussi par le passé, tombe à point nommé. Sans aller jusqu’à valider la prophétie de Nick Kyrgios, qui le voit « gagner un Grand Chelem en 2026 », il paraît évident que Medvedev a encore sa place dans le gotha mondial.

Encore 5e mondial en début d’année et membre du Top 10 au printemps, le Russe montre aujourd’hui qu’il a toujours le tennis — et surtout la force mentale — pour y revenir. Son titre à Almaty n’est peut-être qu’un début, mais il marque une rupture claire : Daniil Medvedev a retrouvé la voie du progrès, et peut-être celle du bonheur.

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