Bundesliga – Serhou Guirassy : des débuts difficiles à la révélation européenne

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Aujourd’hui considéré comme l’un des meilleurs attaquants d’Europe, Serhou Guirassy a franchi une étape que peu auraient imaginée il y a quelques années. Pour comprendre son incroyable ascension, il faut revenir à ses débuts professionnels, de ses premiers pas au Stade Lavallois jusqu’au Borussia Dortmund, en passant par ses hauts à Amiens et Rennes, et ses passages plus compliqués à Lille et Cologne.

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Serhou Guirassy avec ses coéquipiers du FC Cologne lors de son premier passage en Allemagne
Crédit : Getty Images

« Serhou dans le top 30 du Ballon d’Or ? Si on m’avait dit ça il y a cinq ans, j’aurais ri », confie Karamba, son frère et agent. Pour lui, voir Guirassy figurer à la 21e place du classement 2025 représente autant une surprise qu’une immense fierté. Pour ceux qui suivent la Ligue 1 et la Ligue 2 depuis plusieurs années, cette reconnaissance n’était pas une évidence.

Tout commence le 7 août 2015, lors de l’ouverture de la saison de Ligue 1. Pour le match inaugural face au PSG à Pierre-Mauroy, Hervé Renard titularise le jeune Serhou, 19 ans, fraîchement recruté au Stade Lavallois après avoir marqué 6 buts en 29 matchs en Ligue 2. Trois semaines plus tôt, il avait été éliminé en demi-finale de l’Euro U19 par l’Espagne. Jean-Michel Vandamme, alors directeur général adjoint du LOSC, avait déjà misé sur lui : « Nous avons l’impression de recruter un futur talent. On espère que Serhou deviendra rapidement un attaquant performant pour le LOSC. »

Mais l’expérience est rude. Sans préparation après l’Euro, Guirassy est sorti à l’heure de jeu lors de ses débuts face au PSG (0-1) et devra attendre trois mois pour retrouver le onze de départ. Avec le limogeage de Renard et l’arrivée de Frédéric Antonetti, le jeune attaquant découvre la brutalité du monde professionnel. « À Laval, c’était un monde de bisounours. Là, il a compris qu’il n’y avait pas de copains », explique Karamba.

Le courant passe mal à Lille, et une nouvelle étape s’impose. Retour en Ligue 2 dès janvier avec l’AJ Auxerre, où Jean-Luc Vannuchi croit immédiatement en lui. Guirassy entre en jeu face à Tours et marque le but de la victoire dans les dix dernières minutes. Gaëtan Courtet, alors coéquipier, se souvient : « Il arrivait avec un esprit revanchard, prêt à se libérer. Sa frustration transpirait et on voyait tout de suite son apport. »

Auxerre lui permet de retrouver confiance. Huit buts en seize apparitions suffisent pour montrer son potentiel, même si le club termine huitième de Ligue 2. « Si on l’avait eu dès le début de la saison, elle aurait été différente », confie Courtet.

Mais le départ en Bundesliga à Cologne marque un nouveau défi. Transféré pour 4 millions d’euros malgré une opération au ménisque prévue, sa première saison est un calvaire : à peine 79 minutes jouées, blessures répétées, et Cologne relégué. « Il est jeune, loin de sa famille, et il enchaîne les blessures… mais mentalement, il ne flanche jamais », souligne Karamba.

Sa situation s’améliore à Amiens, où il retrouve confiance et régularité. Dès son arrivée, il marque et participe activement au maintien du club en Ligue 1, ce qui convainc Amiens de lever l’option d’achat à 6 millions d’euros. Sa saison suivante confirme son talent : 9 buts sur 31 pour Amiens, et un doublé mémorable contre le PSG (4-4).

Le Stade Rennais le recrute ensuite pour 15 millions d’euros, et Guirassy continue sa progression jusqu’à éclater à Stuttgart en 2023-2024 avec 28 buts en Bundesliga. « Ce n’est pas une surprise. Il avait tout pour réussir, mais il a su aller chercher son potentiel », témoigne Courtet.

Pour son frère Karamba, Serhou est un modèle de résilience : « Tout n’a pas été linéaire. Il a compris que le talent seul ne suffisait pas. Aujourd’hui, là où il est, c’est le minimum. Et il vit vraiment pour le but. »

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