CAN 2025 : entre ambitions démesurées, Mondial en ligne de mire et stade géant de 115 000 places, le Maroc voit grand

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Le Maroc, futur pays hôte de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, a retenu neuf stades pour accueillir la compétition. Certains ont été entièrement construits, d’autres profondément rénovés. Une grande partie de ces enceintes servira également lors de la Coupe du monde 2030, que le Royaume organisera conjointement avec l’Espagne et le Portugal. Symbole de cette ambition XXL, le stade Hassan-II, annoncé comme le plus grand du monde avec ses 115 000 places, reste encore à construire.

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Les mois de délai supplémentaires accordés ont permis au Maroc de finaliser l’ensemble des travaux nécessaires avant le coup d’envoi de la CAN, prévu le 21 décembre. Initialement programmée à l’été, la compétition avait été reportée en raison de la Coupe du monde des clubs de la FIFA organisée aux États-Unis. Si la Confédération africaine de football avait décidé dès 2017 de faire disputer la CAN en juin-juillet pour s’aligner sur le calendrier international, seules les éditions 2019 en Égypte y ont répondu, celles de 2022 au Cameroun et 2024 en Côte d’Ivoire s’étant finalement jouées en début d’année.

Trente-sept ans après sa dernière CAN, organisée en 1988 avec seulement huit équipes participantes, le Maroc n’a pas lésiné sur les moyens. Le pays a même choisi d’utiliser neuf stades, alors que le cahier des charges de la CAF n’en impose que six. Quatre enceintes sont situées à Rabat, les autres étant réparties entre Casablanca, Fès, Tanger, Agadir et Marrakech.

Des investissements qui font débat

Cette politique d’investissements massifs a toutefois suscité de vives critiques. À la fin du mois de septembre, puis de nouveau en décembre à l’approche de la phase finale, des manifestations ont éclaté dans plusieurs villes du pays. Certains slogans visaient directement la multiplication des stades : « Les stades sont là, mais où sont les hôpitaux ? », dénonçant des manques persistants en matière de santé publique, d’éducation ou d’emploi des jeunes.

Le mouvement a même reçu un écho du côté de la sélection nationale. Des joueurs comme Nayef Aguerd, Yassine Bounou ou Sofyan Amrabat ont exprimé leur soutien, tandis que des banderoles ont été déployées dans certains stades et que des groupes de supporters ont choisi le boycott.

Rabat, cœur battant de la CAN

La capitale marocaine sera l’épicentre de la compétition. Le stade Moulay-Abdellah, entièrement reconstruit et doté de 68 700 places, accueillera notamment les trois matches du Maroc au premier tour, face aux Comores, au Mali et à la Zambie, ainsi que la finale. Cette enceinte sera la seule de Rabat retenue pour la Coupe du monde 2030.

Les trois autres stades de la ville – le stade Olympique Moulay-Abdellah (21 000 places), Al-Barid (18 000) et Moulay-Hassan (22 000) – ont également été construits ou rénovés par l’État pour plusieurs centaines de millions d’euros.

En parallèle, plusieurs stades d’Agadir, Marrakech et Casablanca ont fait l’objet d’importants travaux. Parmi eux figurent le stade Ibn-Batouta, le stade de Marrakech, le stade Mohamed-V ou encore le stade Adrar. À Casablanca, le projet phare reste la construction du stade Hassan-II, prévu à El Mansouria, à une trentaine de kilomètres au nord de la ville. Sa livraison est annoncée pour 2028, pour un coût estimé à près de 420 millions d’euros.

Une diplomatie sportive assumée

Grâce à cet important parc d’infrastructures, le Maroc fait désormais partie du cercle restreint des pays africains disposant de plusieurs stades homologués par la CAF et la FIFA, aux côtés de l’Afrique du Sud, de l’Égypte, du Nigeria et de la Côte d’Ivoire.

Le Royaume est également devenu une terre d’accueil privilégiée pour de nombreuses sélections africaines privées de stades aux normes dans leur pays. Ces dernières années, plusieurs matches de qualification pour la Coupe du monde impliquant le Gabon, le Nigeria, le Cameroun ou encore la RD Congo ont ainsi été disputés à Rabat.

Cette dynamique s’inscrit dans une stratégie de diplomatie sportive impulsée par le roi Mohammed VI et mise en œuvre par Fouzi Lekjâa, président de la Fédération royale marocaine de football. Plus de quarante partenariats ont été conclus avec des fédérations subsahariennes, leur offrant des facilités administratives et logistiques pour organiser leurs rencontres au Maroc.

Pour les autorités, l’enjeu dépasse largement la CAN. « La compétition est considérée comme une répétition générale de la Coupe du monde 2030 », explique Jean-Philippe Guégan, spécialiste de géopolitique du sport. « C’est un test grandeur nature pour les infrastructures, les transports, la sécurité et la capacité globale du pays à accueillir un événement mondial. »

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