La domination de Jannik Sinner et Carlos Alcaraz atteint désormais des sommets inédits. En triomphant à Paris, l’Italien a repris la place de numéro un mondial à son rival espagnol. Tous deux affichent désormais plus de 11 000 points au classement ATP, un chiffre vertigineux qui les place dans une autre dimension. À titre de comparaison, Alexander Zverev, troisième, est si distancé que l’écart qui le sépare du numéro 2 est supérieur à celui qui le sépare… du dernier joueur classé.
Du sommet à la lanterne rouge
Connaissez-vous Tobia Costanzo Baragiola Mordini ? Probablement pas. Ce jeune Italien de 19 ans occupe actuellement la 2174e et dernière place mondiale au classement ATP. Comme 365 autres joueurs, il ne possède qu’un seul point, mais avec une particularité : il lui a fallu 12 tournois pour obtenir ce maigre butin, ce qui fait de lui le dernier joueur répertorié dans la hiérarchie du tennis professionnel.
Et pourtant, aussi incroyable que cela puisse paraître, Zverev est plus proche de ce joueur inconnu que du duo Sinner–Alcaraz. L’Allemand accuse 5690 points de retard sur Alcaraz, alors qu’il n’en possède lui-même que 5560. En clair, l’écart entre le numéro 2 et le numéro 3 mondial dépasse celui qui sépare Zverev du dernier joueur classé. Une statistique aussi improbable qu’éloquente.
L’ère du « Big 2 »
Au-delà de l’anecdote, ce chiffre illustre à quel point Sinner et Alcaraz dominent sans partage. Les deux prodiges ont remporté les huit derniers tournois du Grand Chelem disputés sur les deux dernières saisons. Ils forment un duo intouchable, là où le « troisième homme » change selon les contextes — Novak Djokovic en Grand Chelem, Zverev ou d’autres selon les moments. Mais dans la durée, personne ne rivalise.
Le classement ne fait que traduire cette réalité : Sinner et Alcaraz règnent sur le tennis mondial. Tous deux au-dessus des 11 000 points, ils signent une performance rarissime dans l’histoire récente du circuit. Même si l’Italien perdra bientôt les 1500 points de son titre au Masters 2024, il terminera la saison autour des 10 000 points, un niveau encore exceptionnel.
Jamais depuis les années Federer–Nadal au milieu des années 2000, on n’avait vu un tel fossé se creuser. Après l’ère du « Big 3 », le tennis entre dans celle du « Big 2 », incarnée par deux jeunes champions qui semblent partis pour écrire une nouvelle page de légende.




