La polémique autour de Jannik Sinner est déjà oubliée. L’absence de Lorenzo Musetti aussi. À Bologne, l’Italie a trouvé de nouveaux héros, et surtout un nom : Flavio Cobolli. À 23 ans, le Florentin a démontré un caractère exceptionnel en finale contre l’Espagne, battant Jaume Munar (1-6, 7-6, 7-5) et offrant à son pays un nouveau sacre en Coupe Davis. En quelques jours, il a grandi comme jamais.
« Ça fait trois jours que je dis que c’est le plus beau jour de ma vie ! » s’exclame Cobolli, hilare et ému. À peine remis de ses émotions, il tente de mettre des mots sur ce qu’il vient de vivre. « Je ne sais même plus où je suis, je ne sais pas qui je suis, je ne sais pas ce que j’ai fait… La seule chose que je sais, c’est que je suis champion du monde. »
Calé jusqu’ici dans l’ombre de Sinner, et parfois de Musetti, Cobolli a été propulsé leader de l’Italie durant cette phase finale. Avec son « grand frère » Matteo Berrettini, qu’il connaît depuis l’adolescence, il a su porter le poids de la victoire. « Matteo est comme mon frère, mon papa s’est occupé de lui », raconte Cobolli. « Je l’ai vu abandonner le football pour le tennis. Je suis heureux pour lui et pour sa famille. »
Même si la Coupe Davis a perdu de son aura, elle offre encore des émotions uniques, surtout devant le public italien. Et Cobolli a su relever le défi. Sur le plan sportif, ses victoires contre Filip Misolic, Zizou Bergs et Jaume Munar semblent modestes sur le papier, mais le contexte rend ses exploits remarquables. Il a sauvé sept balles de match contre Bergs et renversé une finale mal engagée face à Munar, après trois heures de bataille acharnée.
Fabio Fognini, ancien champion et mentor, n’est pas surpris : « J’ai vite compris que Flavio était un dur au mal, quelqu’un qui ne renonce jamais. Il a cette grinta, cette détermination. Ce n’est pas étonnant de le voir briller ainsi à Bologne. »
Après cette semaine bolognaise, Cobolli, 22e mondial, se place déjà comme un potentiel troisième homme du tennis italien, derrière Sinner et Musetti. Son rôle n’est pas encore celui d’un leader absolu, mais il a montré qu’il pouvait assumer la pression et se surpasser.
Reste à voir jusqu’où il pourra aller : Top 20 ? Top 10 ? Avec ses premières victoires, dont un tournoi ATP 500 à Hambourg, et son premier quart de finale en Grand Chelem à Wimbledon, il a déjà beaucoup progressé. Et cette finale de Coupe Davis pourrait bien marquer un tournant décisif dans sa carrière. La compétition a peut-être perdu de son prestige, mais elle garde ce pouvoir unique : révéler les caractères hors norme, comme celui de Flavio Cobolli.




