En marge du tirage au sort de la Coupe du monde 2026, Gianni Infantino a remis à Donald Trump le tout premier “Prix de la Paix de la FIFA”. Une distinction qui interroge autant que la relation entre le patron du football mondial et le président américain – mais ce n’est même pas là que réside le véritable problème. Et c’est sans doute le plus inquiétant.
Lors de cette cérémonie surréaliste, on se serait cru plongé dans l’univers d’Alice au pays des merveilles. Avec la FIFA version Gianni Infantino, tout semble possible, même l’invraisemblable. Comme l’héroïne de Lewis Carroll, nous avons franchi le miroir pour découvrir un monde où les mots perdent leur sens, où la logique se renverse, où l’on avance plus vite en marchant sur la tête. Plus rien ne devrait surprendre, si ce n’est l’étrange discipline avec laquelle Donald Trump s’est contenté des deux minutes prévues pour recevoir sa médaille.
Un prix inventé par Infantino, sans consultation, pour satisfaire son “ami proche”
Le spectacle offert vendredi au Kennedy Center a dépassé toutes les attentes. Aucune des 211 fédérations membres n’a été consultée avant la création de ce prix, pas plus que le Conseil de la FIFA. L’idée vient exclusivement d’Infantino, qui a vu dans la frustration de Trump – écarté par le comité Nobel malgré plusieurs recommandations venues de régimes peu portés sur la paix – une opportunité d’entretenir une relation qu’il cultive avec zèle.
Pour comprendre l’absurdité de la scène, il faut se rappeler que la candidature de Trump au Nobel avait été soutenue par le Pakistan, le Gabon, l’Azerbaïdjan, le Cambodge, le Rwanda ou encore Israël. Un ensemble de modèles en matière de droits humains… Le comité norvégien l’a ignorée, irritant la Maison-Blanche et inspirant Infantino, prompt à servir son allié américain.
Un show conçu pour détourner l’attention
Mais se focaliser sur le ridicule de la cérémonie, sur la mise en scène vulgaire ou sur l’amitié assumée entre Trump et “Sycophantino”, comme certains surnomment désormais le président de la FIFA, revient à tomber dans le piège. Car ce spectacle n’a pas pour but de convaincre, mais de détourner notre regard.
Les réactions les plus indignées sont venues des médias, des supporters et de Football Supporters Europe. Les fédérations, elles, sont restées silencieuses. Certaines ont même félicité Infantino. Le patron du football allemand, Bernd Neuendorf, a estimé que la récompense était méritée, se félicitant d’une prétendue “fin du conflit au Moyen-Orient”.
Le cœur du problème : une FIFA devenue autocratie
L’essentiel est ailleurs. Cette cérémonie n’est que le symptôme le plus voyant d’un système malade. La FIFA d’Infantino fonctionne comme une autocratie assumée. Le président n’a affronté aucun candidat lors des élections de 2019 et 2024, reconduit par acclamations. Les commissions dites “indépendantes” ne le sont que de nom, totalement soumises à sa volonté.
La vérité, elle aussi, est devenue relative. La FIFA affirme avoir organisé la Coupe du monde la plus “verte” de l’histoire au Qatar, quand les experts affirment l’inverse. Elle a contourné ses propres règles pour attribuer le Mondial 2034 à l’Arabie Saoudite, qualifiée de pays “à risque moyen” en matière de droits humains. Et désormais, elle décerne un “Prix de la Paix” à Donald Trump.
Lewis Carroll avait déjà tout résumé avant Orwell :
dans ce monde, les mots signifient ce que le maître décide, ni plus ni moins.
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