Coupe du monde 2026 – Qualifications Concacaf : Le conte de fées de Curaçao, le plus petit pays jamais qualifié

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C’est probablement l’histoire la plus incroyable de ces éliminatoires de la Coupe du monde. Curaçao, petite île autonome rattachée aux Pays-Bas, possède sa propre équipe nationale de football. L’été prochain, elle fera partie des 48 nations engagées dans le Mondial aux États-Unis, au Mexique et au Canada. Une aventure exceptionnelle, unique en son genre.

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La joie des supporters de Curaçao était palpable mardi à Kingston.

Cette qualification a failli tourner au cauchemar. À quelques secondes de la fin du temps additionnel, Jeremy Antonisse a été impliqué dans une action litigieuse avec le Jamaïcain Isaac Hayden, entraînant une désignation initiale d’un penalty par l’arbitre M. Ivan Narton. Mais après consultation du VAR, Curaçao a été sauvée, préservant ainsi son rêve de Mondial.

Rien ni personne n’a donc arrêté le parcours féerique de cette petite île des Caraïbes. Avec seulement 444 km² et 150 000 habitants, Curaçao devient le plus petit pays à se qualifier pour la Coupe du monde, battant le précédent record détenu par l’Islande. Certains diront que ce genre d’histoire ne serait jamais arrivé avec un Mondial à 32 équipes, et ils n’ont pas tort : l’élargissement du tournoi a favorisé ce succès, faisant de la zone Concacaf la grande gagnante de ces éliminatoires.

Jusqu’ici connue pour sa fameuse liqueur qui égaye de nombreux cocktails, Curaçao n’a pourtant pas volé sa qualification. Durant les deux phases de groupes, la « Blue Wave » est restée invaincue sur dix matches, avec sept victoires et trois nuls, la seule équipe de la Concacaf à afficher un tel bilan. Elle avait notamment dominé Haïti (4-1), puis la Jamaïque, Trinité-et-Tobago et les Bermudes. « C’est incroyable et fou. C’est l’une des choses les plus extraordinaires qui soient arrivées à Curaçao. Il y a quelques années, personne n’aurait pu imaginer ça », a confié le milieu Juninho Bacuna à BBC 5 Live.

Mais qui est cette équipe que le monde découvrira l’été prochain ? À sa tête, une figure expérimentée : Dick Advocaat. Absente mardi pour raisons personnelles, sa carrière parle pour lui. L’ancien entraîneur du PSV Eindhoven, du Borussia Mönchengladbach, de Fenerbahçe et de Feyenoord a aussi dirigé les sélections des Pays-Bas, de la Serbie, de la Belgique et de la Russie. Depuis son arrivée à Curaçao l’an dernier, Advocaat a métamorphosé l’équipe. « Sa présence a été capitale pour nous, tant en tant qu’équipe qu’en tant que pays. Son impact a été colossal », souligne Bacuna. S’il reste en poste pour le Mondial, il deviendra à 78 ans le plus vieux sélectionneur de l’histoire du tournoi. Curaçao, déjà, collectionne les records.

L’équipe ne compte pas de stars mondiales. Beaucoup de joueurs sont nés aux Pays-Bas et y ont grandi, mais peuvent représenter Curaçao grâce à leurs origines. Les liens avec le football néerlandais sont forts : avant Advocaat, Patrick Kluivert avait déjà dirigé l’équipe. Tatih Chong, natif de l’île, évolue en Angleterre à Sheffield United. Sontje Hansen joue à Middlesbrough, Ar’jany Martha a connu l’Ajax avant de rejoindre Rotherham, et Jeremy Antonisse évolue au Portugal, à Moreirense.

Pour ces joueurs, Curaçao représente une opportunité et un refuge. « Mes chances de jouer pour les Pays-Bas étaient nulles. Choisir Curaçao a été rapide », avoue Bacuna. Mais atteindre la phase finale de la Coupe du monde dépassait leurs rêves : « Un rêve qui devient réalité », ajoute-t-il.

Grâce à cette qualification, Curaçao ne sera plus seulement connue pour sa liqueur. Cet État minuscule des Petites Antilles, situé à une soixantaine de kilomètres au large du Venezuela, s’invite désormais sur la carte mondiale du football. L’été prochain, la « Blue Wave » aura un défi immense au Mondial, mais pour l’heure, l’île savoure son conte de fées et son rêve devenu réalité.

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