Délocalisation des matches de championnat : l’UEFA pourrait-elle céder ?

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L’idée de délocaliser des rencontres de championnat n’est pas nouvelle, mais elle refait surface dans les instances dirigeantes du football européen. Il y a près de vingt ans, le projet de la Premier League d’organiser une « 39ᵉ journée » à l’étranger – évoquant l’Australie, l’Extrême-Orient ou les États-Unis – avait suscité un tollé. Entraîneurs, joueurs, supporters et même Sepp Blatter, alors président de la FIFA, avaient unanimement rejeté le projet.

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Pourtant, l’idée revient aujourd’hui avec une certaine complaisance de l’UEFA, qui n’a pas encore pris position, contrairement aux associations de supporters. En mai dernier, le président de la Serie A, Ezio Maria Simonelli, a proposé que certains matches de l’Inter et du Milan AC se disputent aux États-Unis durant la rénovation de San Siro. Plus récemment, la RFEF a validé le déplacement du match Villarreal-Barcelone prévu le 21 décembre à Miami, une initiative défendue depuis un an par Javier Tebas, président de La Liga.

Cette décision a immédiatement provoqué la contestation du syndicat des joueurs espagnols (AFE) et du Real Madrid, dirigé par Florentino Pérez, adversaire historique de Tebas. La requête est désormais entre les mains de l’UEFA et de la FIFA, dont les statuts interdisent actuellement de jouer des rencontres nationales hors du territoire.

Si la délocalisation de matches de gala comme le Trophée des Champions, la Supercopa de España ou la Supercoppa Italia est déjà pratiquée, déplacer des rencontres de championnat constitue une rupture avec une tradition vieille d’un siècle et demi, imposant aux abonnés de suivre leurs équipes à l’autre bout du monde.

Eurosport a appris que cette question figurera à l’ordre du jour de la réunion du Comité exécutif de l’UEFA le 11 septembre à Tirana. Le simple fait que le sujet soit discuté laisse craindre que la porte ne s’ouvre difficilement à refermer.

Football Supporters Europe, la plus grande association paneuropéenne de supporters, s’est dite « consternée » : « Déplacer les matches hors de leur territoire national porte atteinte au lien vital entre les clubs et leurs communautés. » L’absence de réaction officielle d’Aleksander Čeferin et de l’UEFA ne rassure pas, d’autant que le président a déjà évoqué la possibilité d’organiser un jour une finale de Ligue des Champions aux États-Unis.

Du côté de la FIFA, silence également, bien que Gianni Infantino ait approuvé l’an dernier la création d’un groupe de travail sur la question, souvent signe préliminaire d’une acceptation future. Il reste que la prudence des fans semble justifiée : réformer ou interpréter les statuts pourrait ouvrir un nouveau chapitre controversé dans l’histoire du football européen.

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