Invaincu depuis sa nomination à l’automne dernier, avec 11 victoires consécutives, Frédéric Fauthoux savait que sa série finirait par s’interrompre. Mais probablement pas de manière aussi brutale. Dimanche à Katowice (Pologne), les Bleus, qui n’avaient connu que la victoire depuis l’arrivée de leur sélectionneur, ont été balayés en fin de match par Israël, qui a parfaitement exploité les lacunes des vice-champions olympiques (82-69).
Après un départ prometteur lors du premier quart-temps (20-10 après 9 minutes), l’équipe de France n’a jamais réussi à creuser l’écart. Les Israéliens, emmenés par Deni Avdija auteur de 23 points, ont totalement renversé la situation, infligeant un sévère 27-13 aux Bleus dans le dernier quart. « On est toujours déçu de la manière quand on perd », a confié Fauthoux après le match. « Mais la plus grande déception reste l’écart. On a perdu pied, ça peut arriver. Même quand on gagne ou quand on perd, il faut se rappeler que cette équipe est encore en construction. Il y a des choses à régler. Ce que j’ai dit aux joueurs, c’est que souvent, on a du mal à se mettre en route. »
Une attaque bloquée et une défense vulnérable
Tout au long du match, les Français ont peiné à trouver leur rythme et à dérouler leur jeu. « Israël nous a proposé des défenses atypiques, et le piège était de garder le ballon trop longtemps. Même en étant prévenus, on n’a pas su s’adapter », a regretté Fauthoux. Guerschon Yabusele a renchéri : « On n’a pas été bons en défense, ni en attaque. On a joué trop individuellement, on n’a pas créé les bonnes situations et on a laissé l’adversaire imposer son rythme. »
La défense de zone israélienne a particulièrement gêné l’attaque française, déjà en panne d’adresse. Les Bleus ont terminé avec un médiocre 8/32 à trois points, dont un 0/5 pour Sylvain Francisco, auteur seulement de 2 points après son héroïsme face à la Slovénie. « Nos qualités athlétiques et en un contre un effraient souvent les adversaires », a analysé Fauthoux. « Mais nos joueurs adroits manquent actuellement de confiance et de réussite. Cela fait partie du jeu. »
Bilal Coulibaly, moins efficace que lors des deux précédents matches (4 points contre une moyenne de 12,5), a également pointé la fatigue et le manque de cohésion : « On n’a pas été bons collectivement. Ils ont joué en zone la plupart du temps et on n’a pas réussi à bouger et à se passer la balle. »
Une qualification encore possible mais un défi à venir
Les Français pouvaient valider leur ticket pour les 8es de finale en cas de victoire, mais ce revers complique leur situation dans le groupe D. Avec quatre équipes sur six qui se qualifieront, le scénario reste loin d’être alarmant. Cependant, le match de mardi face à la Pologne, devant son public, s’annonce crucial pour tester à nouveau cette équipe de France version Frédéric Fauthoux.




