Football – Printemps 2009 : le moment où Steve Mandanda a définitivement perdu sa place de numéro 1 avec les Bleus

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Durant quatorze ans passés en équipe de France, Steve Mandanda, qui a officiellement pris sa retraite ce mercredi soir, a disputé 35 matchs tout en observant près de 120 rencontres depuis le banc. Un bilan qui aurait pu être bien différent si le contexte avait été autre. À ses débuts, en 2008, il était pressenti pour devenir le gardien numéro 1 des Bleus à long terme… avant de perdre sa place en l’espace de quelques mois.

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![Steve Mandanda durant un entraînement avec l’équipe de France, le 25 mars 2009](Getty Images)

Mandanda et Hugo Lloris ont formé le duo emblématique de leur génération, de 2008 à 2022, figurant sur presque toutes les listes de sélection et représentant deux des visages les plus connus du football français. L’un, Lloris, a cumulé 145 sélections, tandis que l’autre, Mandanda, en compte 35 et a passé le reste du temps sur le banc. L’ancien portier de l’Olympique de Marseille a ainsi incarné la doublure pendant une grande partie de sa carrière en Bleu — alors qu’au départ, les rôles auraient pu être inversés.

C’est Raymond Domenech qui lui avait donné sa chance lorsque le vestiaire de Clairefontaine devait être rajeuni avant l’Euro 2008. En février 2008, Mandanda et Lloris sont convoqués pour l’équipe de France A’. Chacun joue une mi-temps lors de cette rencontre, mais c’est Mandanda qui débute. Puis, en mai, alors que Lloris se blesse avec Nice, Mandanda est appelé pour l’Euro en tant que numéro 3.

Après l’échec de l’Euro, où la France termine dernière de sa poule, Domenech décide de chambouler son effectif. Les anciens du vestiaire, dont Grégory Coupet et Sébastien Frey, quittent la scène internationale. Mandanda, alors âgé de 23 ans, devient le nouveau titulaire. Mais ce statut ne dure que quelques mois : « Dans cet emballement-là, j’ai eu du mal à tout gérer : jouer tous les trois jours, le Championnat, les coupes, la Ligue des champions, la sélection… », confie-t-il aujourd’hui à L’Équipe.

Sous la pression, les performances de Mandanda sont inégales. « Je n’ai pas supporté toute cette pression, celle à Marseille, et celle en équipe de France avec la comparaison et la rivalité [avec Lloris]. Je n’ai pas été hyper performant », explique-t-il à Carré début juin. Sa première titularisation, contre la Suède, est correcte, mais la suite se complique. Contre l’Autriche, il encaisse trois buts et en assume la responsabilité.

Deux matchs, au premier semestre 2009, scellent sa perte de place. En janvier, contre l’Argentine, il est fautif sur le premier but (0-2). Puis en juin, contre le Nigeria, son dernier match en tant que numéro 1, il concède un but improbable, qui sera le seul de la rencontre (0-1). Dès la rencontre suivante contre la Turquie, Hugo Lloris est titularisé et ne quittera plus jamais ce rôle.

« J’explose en vol parce que ce n’est plus la même pression, parce que ce n’est plus ma première saison, parce que les gens sont moins indulgents », ajoute Mandanda. Sans chercher d’excuses : « La facilité aurait été d’accuser les médias ou le coach. Non, Domenech m’a mis numéro 1. Je n’ai pas eu les épaules pour assumer ce statut à ce moment-là. »

Malgré quelques lueurs d’espoir, notamment avant certaines grandes compétitions ou lorsque Mandanda brillait davantage que Lloris en club, la hiérarchie n’a jamais changé. L’épisode le plus emblématique survient quelques mois après sa perte de place, lors d’un Olympico mythique entre l’OM de Mandanda et l’OL de Lloris en novembre 2009. Les deux gardiens encaissent cinq buts chacun, mais Lloris commet une faute de main offrant un but aux Marseillais. Benoît Cheyrou lance alors à Mandanda : « C’est toi le meilleur », un hommage qui, pourtant, ne modifiera rien à la hiérarchie en équipe de France. Treize ans plus tard, Mandanda reste ce gardien si proche, et pourtant si éloigné, du poste de numéro 1.

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