Sur le papier, tout semble favorable à McLaren. Mais dans les faits, l’écurie sent le souffle d’un Max Verstappen toujours plus menaçant. La neutralité absolue défendue par l’équipe a indirectement permis au pilote Red Bull de revenir dans la course au titre. Aujourd’hui, McLaren n’exclut plus la possibilité de favoriser Oscar Piastri ou Lando Norris pour sécuriser le championnat, malgré les conséquences potentielles sur la cohésion de l’équipe.
« Le sentiment de favoritisme envers Norris ronge Piastri »
Crédit vidéo : Eurosport
Le moment des calculs stratégiques est de retour. À cinq Grands Prix de la fin de saison 2025, on commence à jauger les écarts, à envisager divers scénarios et à imaginer un final spectaculaire. D’un point de vue purement mathématique, même en remportant les cinq courses et les deux sprints restants, Verstappen ne pourrait pas reprendre le contrôle : si Piastri termine deuxième à chaque fois, il conserverait sa place de leader.
Cependant, les dernières performances racontent une autre histoire. Impérial à Austin, le quadruple champion du monde exerce une pression énorme sur Piastri et Norris, bien plus importante que ce que le classement laisse paraître. Avec 40 points à combler, l’écart semble colossal, mais Verstappen en a déjà repris 64 lors des quatre dernières manches.
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Pour McLaren, l’alerte orange n’est plus loin de virer au rouge. Cette situation découle en partie des choix de l’écurie ces derniers mois, tant sur le plan technique que managérial. En cherchant une équité totale entre ses deux pilotes, McLaren a involontairement transformé un duel en une course à trois.
Le spectre de 2007
Cela ne signifie pas que Woking a commis une erreur. Sur le papier, la situation reste enviable. La philosophie de neutralité adoptée par l’équipe peut sembler frustrante pour les fans, mais elle constitue sans doute la stratégie la plus sûre pour la stabilité globale d’une écurie de F1. Nommer un pilote numéro un n’assure pas forcément le succès collectif — Red Bull peut en témoigner — et laisser deux leaders se concurrencer sans règles strictes peut se révéler catastrophique, comme Mercedes l’a appris il y a neuf ans.
Il n’existe donc pas de solution parfaite. McLaren se retrouve aujourd’hui piégée par ses propres décisions, avec des choix délicats à prendre. Après la victoire de Verstappen ce week-end, Andrea Stella a affirmé que les résultats n’allaient pas modifier « la compréhension de la situation ni la façon de faire de McLaren » — la même approche qui a permis à Verstappen de revenir dans la course.
Conscient que la situation pourrait devenir intenable, surtout dans une écurie marquée par l’épisode de 2007, le patron de McLaren n’exclut pas le recours à des consignes d’équipe. « Le choix d’un pilote sera guidé par les mathématiques », a-t-il précisé. « Nous ne fermerons pas la porte à cette idée, à moins que les chiffres ne l’imposent. »
Le choix cornélien
Autrement dit, McLaren pourrait devoir favoriser l’un ou l’autre pilote, sauf si Verstappen est éliminé mathématiquement — ce qui semble improbable pour l’instant. Le dilemme reste entier : Piastri, leader du championnat mais en perte de confiance, ou Norris, plus rapide ces dernières semaines mais avec une marge de manœuvre très limitée face à Verstappen.
Choisir Norris renforcerait le sentiment de favoritisme, perceptible par Piastri et déjà amplifié par ses performances récentes. Ce choix pourrait avoir des répercussions durables sur la dynamique de l’équipe, d’autant que son manager, Mark Webber, a laissé entendre un possible départ en 2027. McLaren et Zak Brown se trouvent donc dans une atmosphère de plus en plus étouffante, et l’altitude du Grand Prix du Mexique ne rendra pas l’air plus facile à respirer.




