Leader du championnat du monde, Oscar Piastri n’est pas monté sur le podium pour la troisième fois consécutive ce dimanche aux États-Unis. Depuis son week-end cauchemardesque en Azerbaïdjan, le pilote australien de McLaren semble paralysé par l’enjeu. Derrière lui, son coéquipier Lando Norris grappille des points, tandis que Max Verstappen se rapproche dangereusement. Les cinq derniers Grands Prix s’annoncent longs et déterminants.
Sans sombrer dans la psychologie de comptoir, il est parfois simple de distinguer la sérénité réelle de la confiance de façade. Ce dimanche soir, Piastri illustre parfaitement cette nuance. Pour la première fois de la saison, le leader du championnat manque le podium trois Grands Prix de suite. Pire, Max Verstappen a engrangé 64 points sur cette période, s’imposant désormais comme un sérieux rival pour le titre à seulement cinq courses de la fin de la saison.
À l’issue de la course, l’Australien a tenté de minimiser la situation : « Je viens de traverser quelques mauvais week-ends. Lando et Max en ont eu de meilleurs, c’est tout », a-t-il déclaré, visiblement gêné, au micro de Canal+. Derrière cette modestie se devinait une inquiétude subtile mais palpable. L’avance qui le semblait autrefois intouchable sur le pilote Red Bull a fondu à grande vitesse. Même le matelas qu’il possédait sur son coéquipier, notamment grâce à l’abandon de Lando aux Pays-Bas, s’est réduit à seulement 17 points. Concrètement, Piastri n’a plus le luxe de l’erreur : tout faux pas pourrait compromettre sa place de leader.
Moins de froideur, plus de pression
Symboliquement, la sérénité qui le caractérisait en début de saison a disparu. Les trois derniers Grands Prix en témoignent : en Azerbaïdjan, il a perdu ses nerfs. À Singapour, un échange tendu à la radio avec Norris traduisait sa nervosité croissante. Aux États-Unis, il a admis une performance lente, sans même pouvoir expliquer pourquoi : « Essayer de comprendre pourquoi ça n’a pas fonctionné avec la voiture est la première étape [pour rebondir], je pense », a-t-il confié à Sky Sports.
Perdre du terrain mentalement
Ce type de passage à vide avant l’emballage final du championnat n’a rien d’inhabituel. Jenson Button en 2009, Felipe Massa en 2008, Michael Schumacher en 2000 et Mika Häkkinen lors de saisons précédentes ont tous connu trois courses consécutives sans podium alors qu’ils étaient leaders. Certains ont réussi à rebondir, d’autres ont payé le prix fort : Massa a perdu le titre pour un point. La trajectoire de Piastri reste donc ouverte, mais la pression monte.
Le prochain Grand Prix, dès ce week-end à Mexico, sera crucial. Pour reprendre son envol, l’Australien devra retrouver son rythme en qualifications, jusque-là son point fort. Max Verstappen, lui, sait flairer la moindre hésitation. Le championnat ne se joue pas uniquement sur la piste : il se joue aussi dans la tête. Et pour l’instant, Piastri semble avoir concédé un peu de terrain mental.




