Les pilotes ont vécu une véritable épreuve dans les rues de Las Vegas, samedi (heure française), lors des qualifications. La pluie a transformé le tracé urbain en piège permanent : visibilité réduite, adhérence quasi inexistante et danger accru par les lignes de signalisation rendues glissantes. S’ils ont échappé au pire, tous reconnaissent avoir disputé cette séance avec une forte dose d’appréhension.
Sur le papier, rien ne correspondait à l’image ensoleillée de Vegas. Et pourtant, la qualification a pris des allures de cauchemar. Les averses précédant la session ont transformé un circuit déjà délicat en véritable patinoire. Vendredi soir, pour les pilotes, l’objectif premier était simplement d’éviter la faute. « Je ne pense pas que les gens réalisent à quel point les conditions étaient compliquées aujourd’hui », a expliqué Carlos Sainz, auteur d’un courageux troisième temps. « C’était le chaos. »
La session a réuni tout ce que les pilotes redoutent : une piste naturellement peu adhérente, puisqu’en plein centre-ville, rendue encore plus piégeuse par l’eau et des températures tombées à 13°C. Dans ces conditions, impossible de faire fonctionner correctement les pneus « full wet ». Certains ont même tenté les intermédiaires en début de séance, avant de vite comprendre qu’ils aggravaient encore les risques. « Je m’attendais presque à trois drapeaux rouges d’affilée », concède Sainz.
En Q1, les monoplaces ont dérivé dans tous les sens, rappelant des passages de rallye. Plusieurs pilotes ont fini dans les échappatoires, et Oliver Bearman n’a rien pu faire pour éviter le mur de pneus au bout du Strip, les freins bloqués sur une surface devenue incontrôlable.
« À ce moment-là, tu cherches seulement à rester en piste et à éviter le crash », résume le poleman Lando Norris. « Un jour, j’aimerais vraiment qu’on ait des F1 biplaces pour que les gens ressentent à quel point cela peut être angoissant. C’était totalement imprévisible. »
Le manque de visibilité, accentué par un éclairage inégal et les lumières publicitaires de la ville, n’a rien arrangé. Les projections d’eau limitaient encore plus la vision, et les lignes blanches, réputées glissantes, se sont transformées en véritable menace. « Je n’arrivais même pas à garder la voiture droite », détaille Sainz. « Je ne voyais ni les lignes blanches, ni les pilotes devant ou derrière. » Norris renchérit : « Le plus dur, c’était d’éviter les lignes blanches et jaunes. J’aimerais qu’on les enlève, elles sont dangereuses. On ne voit pas les points de freinage, et on peut bloquer une roue à tout moment. »
Hormis Alexander Albon, parti dans le rail, tout le monde a réussi à éviter la casse. « C’est presque miraculeux », reconnaît Norris. « S’il y avait eu un accident, cela aurait pu être très effrayant, surtout dans les virages 10 et 11, juste avant le Strip. »
Même Max Verstappen, pourtant redoutable sous la pluie, n’a pas apprécié l’expérience. « Ce n’était vraiment pas amusant », avoue-t-il. « J’aime rouler sur le mouillé, mais là c’était de la conduite sur glace. »
La bonne nouvelle, c’est que la course ne devrait pas être perturbée par de nouvelles averses. Et quand on se souvient des premiers mots du poleman en sortant de sa voiture – « C’était stressant. Un enfer. » – il est clair que tout le paddock espère un dimanche beaucoup plus serein.




