Dans la lutte à trois pour savoir quel attaquant réalisera la saison la plus impressionnante, Harry Kane semble pour l’instant avoir pris une légère avance face à Kylian Mbappé et Erling Haaland. Mais sous les ordres de Vincent Kompany, l’attaquant anglais a franchi un nouveau palier, devenant peut-être plus complet que jamais. Son impact va bien au-delà des simples buts. Décryptage.
Une course aux chiffres effrénée
Harry Kane affiche déjà 22 buts en 15 matches cette saison. Kylian Mbappé suit avec 18 réalisations en 14 rencontres, et Erling Haaland en compte 17 en 13. Tous trois poursuivent une course effrénée en Ligue des champions, où Kane et Mbappé dominent actuellement le classement des buteurs avec cinq réalisations chacun, devant le Norvégien (4).
L’attaquant anglais tourne à une moyenne exceptionnelle de 1,46 but par match, ce qui pourrait lui permettre de battre ses records personnels si cette cadence se maintient. Pour perspective, jamais Lionel Messi ni Cristiano Ronaldo n’avaient atteint 20 buts toutes compétitions confondues aussi rapidement dans une saison, malgré leurs exercices respectifs à 73 et 60 buts.
Un joueur complet au service de l’équipe
« C’est l’un des meilleurs joueurs du monde. Un joueur incroyable avec des statistiques stratosphériques », a reconnu Vitinha, à la veille du choc de Ligue des champions contre le Bayern. Pourtant, les buts ne sont qu’une partie de l’histoire.
Ancien de Tottenham, Kane a déjà montré sa polyvalence, mais en Bavière, il excelle sur tous les plans. Comme le souligne David Lortholary, spécialiste du football allemand : « Il revient défendre très haut, intervient sur les corners, participe activement au jeu et se place dans les zones où ça fait mal. » Cette polyvalence a été particulièrement visible lors du Klassiker contre Dortmund (2-1, le 18 octobre), où Kane, officiellement positionné en numéro 10, a souvent joué comme premier relanceur, ouvrant le score de la tête et lançant l’action du second but avec une ouverture de 60 mètres. Avec 11 passes longues réussies, il a établi un record personnel. Vincent Kompany résumait ainsi sa performance : « Harry a été complet aujourd’hui. Son but, c’est du Kane pur, mais il a aussi contribué à la construction du jeu et à la défense, terminant par un tacle décisif sur Schlotterbeck. »
Un playmaker d’exception
Kane se distingue désormais non seulement comme serial buteur, mais aussi comme playmaker. Sa précision sur les passes longues (80 %) surpasse des joueurs comme Pedri, Joshua Kimmich ou Vitinha, et se compare favorablement à Kevin De Bruyne, qui en C1 cette saison n’a réussi que 8 de ses 12 tentatives contre 12 sur 15 pour Kane. Mbappé (3/4) et Haaland (0) sont loin derrière sur cet aspect.
Dans les statistiques de touches et de zones parcourues, Kane se montre également unique. Il touche 47 ballons par match, dont 17,5 au milieu et 5 dans son propre tiers de terrain, contre 49, 12 et 1 pour Mbappé, et 15, 3,93 et 0 pour Haaland. Malgré cela, il tire presque autant que Mbappé et plus que Haaland, consolidant son rôle de leader offensif complet.
Un rôle renforcé après la blessure de Musiala
Ironiquement, le PSG pourrait pâtir de la configuration actuelle du Bayern. Depuis la blessure de Jamal Musiala lors du dernier affrontement en Coupe du monde des clubs (2-0, le 5 juillet), Kane a davantage pris le jeu à son compte, sous l’œil attentif de Kompany. « Il m’a fait franchir un palier, confiait Kane au Daily Mail. Nous avons travaillé la position de mon corps pour favoriser le jeu rapide et la fluidité. Je suis moins focalisé sur le ballon et plus dans le mouvement. »
Avec cette palette de qualités – buts, passes, jeu collectif, effort défensif – Harry Kane apparaît aujourd’hui comme un attaquant total. Mardi, face au PSG, cette machine de football pourrait bien faire toute la différence.




