Cristiano Ronaldo a vécu une soirée cauchemardesque jeudi en Irlande, lors de la défaite du Portugal (2-0). Totalement muselé et incapable de peser sur le jeu, la star portugaise a en plus été exclue pour un coup de coude asséné à un défenseur adverse. Un comportement loin d’être exemplaire pour un capitaine, dix jours seulement après des déclarations jugées indignes de son statut. Et pendant ce temps, le Portugal n’a toujours pas validé son billet pour la Coupe du monde 2026.
Recevoir un carton rouge peut arriver à n’importe quel joueur. Le football reste un sport où les émotions débordent, même chez les plus grands. L’exclusion de Ronaldo, dans un match où une qualification aurait dû être assurée, doit être comprise dans ce contexte. Mais elle ne peut pas être réduite à un simple moment de frustration.
« Sa passion et sa frustration quand il ne gagne pas expliquent surtout ce carton rouge », a expliqué le sélectionneur Roberto Martinez, toujours prompt à défendre son leader. Mais l’épisode révèle surtout autre chose : une première dans la carrière internationale de CR7. En 260 sélections, jamais il n’avait été expulsé ainsi.
Ce symbole en dit long. Ronaldo n’a plus la même influence lorsque ses buts ne suffisent pas à masquer ses limites. Oui, il continue de marquer et le fera sans doute encore longtemps grâce à son endurance exceptionnelle et son sens de la finition. Mais ces qualités ne pèsent plus autant qu’avant dans les grands rendez-vous.
Le match de jeudi n’était pas une finale, mais il avait son importance. Le Portugal aurait dû se qualifier dès le mois dernier. Ronaldo n’a pas été responsable de la défaite. Mais il n’a rien apporté non plus. Le voir réclamer des ballons impossibles à lui donner ou s’exiler sur les côtés alors que ses coéquipiers avaient besoin de lui dans la surface avait quelque chose de gênant.
Au-delà de l’exclusion, c’est son timing qui interroge. Car ce carton rouge pourrait le priver d’un ou plusieurs matches du Mondial — si le Portugal s’y qualifie. Mais surtout, il survient à peine dix jours après une sortie médiatique très mal perçue.
Dans une interview avec Piers Morgan, diffusée sur YouTube, Ronaldo affirmait que « la Coupe du monde n’était pas un rêve » pour lui. Une déclaration en totale contradiction avec ce qu’il avait toujours professé, et particulièrement déplacée pour un joueur censé incarner les ambitions de tout un pays.
Le Portugal n’attend qu’une chose pour achever une génération dorée : un sacre mondial. Et pour y croire, cette équipe a besoin d’un leader irréprochable. Ni son discours, ni son comportement en Irlande n’ont répondu à cette exigence.
En l’espace de dix jours, Cristiano Ronaldo a donné l’impression de se désintéresser de la Coupe du monde. Et il n’aurait pas pu mieux le montrer.




