Jamie Vardy avait promis qu’il continuerait à jouer au plus haut niveau jusqu’à ses quarante ans. À 38 ans, l’attaquant anglais est sur la bonne voie pour tenir cet engagement. Arrivé en Italie cet été pour tenter l’aventure avec la Cremonese, le vétéran de Leicester a déjà trouvé le chemin des filets à deux reprises, dont un but contre la Juventus Turin.
Ce transfert est passé sous le radar de beaucoup de monde l’été dernier, et c’est compréhensible. Qui aurait pensé que Jamie Vardy, héros de Leicester avec plus de 200 buts en 500 matchs et le sacre improbable en Premier League en 2016 sous Claudio Ranieri, rejoindrait la petite Cremonese, promue en Serie A ? Pourtant, l’attaquant, qui a également été meilleur buteur de Premier League en 2019-2020 avec 23 réalisations et compte 26 sélections en équipe d’Angleterre, a choisi cette destination pour continuer à jouer au plus haut niveau, et non pour l’argent. Son contrat d’un an, jusqu’en juin 2026, avec option pour une saison supplémentaire, lui rapporte un million d’euros seulement.
« StradiVardy est arrivé », annonçait le club lombard sur ses réseaux sociaux début septembre, en référence au célèbre violon Stradivarius de Crémone. À l’image d’autres vétérans anglais en Italie, de Luka Modric à Kevin De Bruyne, Vardy s’est rapidement intégré. Simone Giacchetta, directeur sportif de la Cremonese, a confié lors de la présentation : « C’est un champion extraordinaire, mais c’est surtout sa personnalité qui nous a séduits. Il incarne nos valeurs et sa faim de se remettre en jeu correspond parfaitement à notre philosophie. »
Avant de s’engager, Vardy a pris en compte tous les aspects, en particulier sa famille. « J’ai discuté longuement avec l’entraîneur et mes enfants ont été enthousiastes. Pendant toute ma carrière, j’ai été sous-estimé, mais j’ai toujours travaillé pour faire taire les critiques. La Cremonese me rappelle Leicester : un club à sauver, et je veux relever ce défi », expliquait-il. L’entraîneur Enzo Maresca, qui l’avait dirigé à Chelsea, l’a également encouragé à franchir le pas. L’accueil des tifosi a été triomphal, dépassant même la tranquillité promise à Vardy, et son maillot floqué du numéro 10 est déjà l’un des plus vendus de la saison.
Sur le terrain, Vardy s’est rapidement imposé malgré une petite alerte musculaire après ses débuts contre l’Hellas Vérone. Après quelques matchs de repos, il a enchaîné quatre titularisations consécutives et inscrit ses deux premiers buts contre l’Atalanta et la Juventus. Luciano Spalletti, entraîneur de la Juve, n’a pas tari d’éloges : « C’est tout simplement un champion. » Davide Nicola, coach de la Cremonese, ajoute : « Jamie est un professionnel incroyable, capable de s’activer dans les moments décisifs. Il redonne confiance à toute l’équipe. »
À l’entraînement, Vardy maintient sa vitesse et ses jambes de quasi-quadragénaire grâce à des exercices spécifiques pour casser les lignes avec des sprints tranchants. Son rituel avant-match, fidèle depuis 2016, reste un mystère, mais une chose est sûre : il a encore une faim immense, et elle est loin d’être rassasiée.




