C’est la cerise sur le gâteau. En triomphant à Paris, Jannik Sinner a retrouvé la première place mondiale, profitant de l’élimination prématurée de Carlos Alcaraz à La Défense. Une récompense symbolique, mais fragile : pour conserver son trône en fin de saison, l’Italien devra encore briller au Masters… et espérer un faux pas de son rival espagnol.
Un bonheur mesuré
Sinner savoure, sans exulter. Son retour au sommet du classement ATP a tout du bonus, tant il s’annonce provisoire. « Bien sûr que je suis ravi », a-t-il confié dimanche après son succès au Rolex Paris Masters face à Félix Auger-Aliassime, un triomphe qui lui permet de devancer Alcaraz de 250 points (11 500 contre 11 250).
« Je savais que j’en avais l’occasion au début de la semaine, même si ce n’était pas entre mes mains », a-t-il rappelé, conscient du scénario favorable qui s’est offert à lui : il devait remporter le tournoi et compter sur une défaite rapide du prodige espagnol. Ce double concours de circonstances s’est produit, mais le répit sera court.
Un trône sous menace
Car Sinner aborde désormais Turin en position délicate. Le champion en titre du Masters devra y défendre les 1 500 points de son sacre 2024, quand Alcaraz, éliminé dès les poules l’an passé, n’a que 200 points à perdre. Résultat : l’Italien retomberait à 10 000 points avant même le début du tournoi, contre 11 050 pour son rival.
Les statistiques ne jouent donc pas en sa faveur. Mais Sinner refuse d’en faire une obsession : « Tout ne dépend pas de moi », a-t-il répété en conférence de presse, trophée à ses côtés. « Je vais simplement essayer de jouer mon meilleur tennis. Si les choses tournent en ma faveur, très bien. Sinon, tant pis. »
Une méthode : rester dans le présent
Fidèle à sa philosophie, le joueur de 24 ans préfère se concentrer sur son jeu plutôt que sur les calculs de points. « Avant chaque tournoi, avant chaque match, j’essaie de me préparer du mieux possible. À Paris, c’était pareil. À Turin, ce sera la même chose », explique-t-il.
Pour espérer finir l’année numéro un, Sinner devra probablement rééditer sa performance parisienne, tout en comptant sur un parcours écourté d’Alcaraz. Si ce dernier remporte ses trois matches de poule, il verrouillera mathématiquement la première place mondiale.
Une fin de saison relancée
Quoi qu’il en soit, cette passation de pouvoir inattendue remet un peu de suspense dans une course au sommet qu’Alcaraz semblait avoir pliée après l’US Open. « Franchement, chapeau à lui », a salué Félix Auger-Aliassime, surpris d’apprendre que Sinner reprenait la tête du classement.
Le forfait de l’Espagnol à Shanghai, son absence sur certains tournois de 500 points et sa sortie de route précoce à Paris ont ouvert la porte. Sinner s’y est engouffré, signant un doublé Vienne–Paris pour engranger 1 500 points et revenir dans la course.
Reste à savoir s’il pourra conclure la saison en beauté. Finir numéro un mondial après avoir manqué trois mois de compétition serait un exploit hors norme, tant Alcaraz a, lui, brillé avec constance depuis le printemps. Mais, pour l’heure, Jannik Sinner peut savourer : il est de retour au sommet — même si ce n’est peut-être que pour un court instant.




