Buteur décisif à Bodø mardi (1-0), Folarin Balogun s’impose peu à peu comme la pointe incontournable du Monaco version Sébastien Pocognoli. L’Américain, auteur d’un bon début de saison (4 buts, 2 passes décisives), semble avoir pris l’ascendant sur Mika Biereth, en perte de vitesse, et retrouve enfin l’efficacité qui l’avait révélé à Reims.
Depuis l’arrivée de Pocognoli, la hiérarchie à la pointe de l’attaque monégasque s’est resserrée. Le nouveau coach belge a opté pour un système en 3-4-2-1, où un seul avant-centre est soutenu par deux meneurs de jeu. Un choix tactique qui a rebattu les cartes : là où Adi Hütter alignait régulièrement deux attaquants, la concurrence s’est durcie. Et pour l’instant, Balogun en sort gagnant.
Titulaire à quatre reprises lors des six premiers matchs de l’ère Pocognoli, le buteur américain de 24 ans a déjà trouvé le chemin des filets quatre fois. Son rival direct, le Danois Mika Biereth, n’a connu que deux titularisations (contre le Paris FC et Angers) pour un seul but inscrit. Le vent semble tourner.
Le retour d’un Balogun tranchant
Freiné par les blessures et la concurrence la saison passée, Balogun renaît cette année. Son but plein de sang-froid en Ligue des champions à Bodø/Glimt a confirmé son regain de forme et son influence croissante. Pocognoli n’a pas manqué de souligner son implication :
« Il a été très courageux dans le pressing et le repli défensif. On l’a souvent vu revenir dans nos 16 mètres, preuve de son esprit collectif. Et offensivement, il a été clinique. C’est exactement ce que j’attendais de lui. »
Son engagement est également salué dans le vestiaire. Le défenseur Thilo Kehrer l’a rappelé :
« Quand on parle de clean sheet, c’est aussi grâce à nos attaquants. Ils défendent beaucoup pour l’équipe. »
Une bataille à quatre pour une seule place
À Monaco, le poste d’avant-centre ne se résume pas à marquer : il exige un investissement total dans le pressing et les transitions. Pocognoli l’a expliqué récemment, en évoquant le but de Balogun à Angers :
« Il vient d’un pressing collectif vers une transition rapide. C’est exactement l’image du Monaco que je veux voir. »
Pour autant, le technicien belge reste prudent sur la hiérarchie. Quatre joueurs postulent : Balogun, Biereth, et les jeunes Georges Ilenikhena et Paris Brunner (tous deux 19 ans). S’il n’exclut pas de repasser à deux attaquants, comme il l’avait parfois fait à l’Union Saint-Gilloise, ses choix actuels confirment une préférence pour un avant-centre unique soutenu par des créateurs comme Akliouche, Golovine ou Minamino.
« Je me sens plus libre »
Bien accompagné par son entraîneur et par Kevin Mirallas, nouvel adjoint et ancien ailier belge, Balogun retrouve confiance et régularité :
« Je me sens aujourd’hui plus libre, avec davantage de responsabilités. Sébastien Pocognoli est un entraîneur exceptionnel : il nous apporte de la créativité, de la liberté, mais aussi beaucoup d’exigence. »
S’il parvient à reproduire ses performances de Reims (22 buts en 39 matchs lors de la saison 2022-2023), le natif de New York pourrait bien redevenir l’arme fatale du Rocher… et forcer la concurrence à revoir ses ambitions.




