La Coupe Davis 2025 s’est conclue à Bologne par une finale opposant l’Italie à l’Espagne. Un affrontement qui aurait pu être épique… si Jannik Sinner et Carlos Alcaraz, les deux meilleurs joueurs mondiaux, avaient été présents. Leur absence a renforcé les regrets et rappelé que la vénérable épreuve par équipes peine toujours à trouver sa formule idéale, sept ans après sa réforme.
Lorsque les responsables du tennis mondial ont annoncé la refonte de la Coupe Davis, l’un des principaux arguments avancés était l’absence récurrente des stars. Les meilleurs joueurs se faisaient rares, mais la nouvelle formule devait inverser la tendance. Pourtant, la phase finale à huit, disputée cette semaine à Bologne, n’a compté qu’un seul membre du Top 15 : Alexander Zverev. Certes, de nombreux ténors n’étaient pas qualifiés avec leur pays, mais Sinner et Alcaraz, eux, l’étaient, et leur absence n’est pas passée inaperçue.
Dimanche, l’Italie et l’Espagne se sont affrontées pour le Saladier d’argent. Le dernier simple de l’année aurait pu offrir un duel sensationnel entre les deux stars du circuit et redonner tout son éclat à la compétition. À la place, Flavio Cobolli et Jaume Munar ont été chargés de représenter leur nation. Sans vouloir leur manquer de respect, l’ampleur médiatique et sportive n’était pas la même. Résultat : la finale 2025 s’est achevée dans une relative indifférence, comme beaucoup de ses devancières depuis la réforme de 2019.
David Haggerty, président de l’ITF, a pris la parole dimanche pour défendre la formule actuelle. Selon lui, il existe une « fausse impression » que les meilleurs joueurs ne souhaitent pas représenter leur pays. En réalité, certains participent aux tours de qualification mais échouent à atteindre la phase finale. Si Taylor Fritz, Alex De Minaur, Holger Rune ou Casper Ruud ont bien défendu leurs couleurs, leur élimination précoce ne permet pas d’assurer un plateau attrayant à Bologne.
Feliciano Lopez, directeur de la finale à Bologne, relativise également : la congestion du calendrier touche tous les tournois, y compris les Masters 1000, et n’est pas spécifique à la Coupe Davis. Néanmoins, la compétition aurait largement bénéficié d’un duel événementiel pour se replacer sur le devant de la scène. Jadis rendez-vous incontournable, la finale peine aujourd’hui à captiver, même avec un format à huit. Un affrontement Sinner-Alcaraz le 23 novembre aurait été l’occasion parfaite pour restaurer son prestige, mais les forfaits successifs ont réduit cette perspective à néant.
Cette édition a aussi réintroduit un tour « domicile-extérieur », censé préserver l’ADN de la compétition. Pourtant, le format actuel peine à convaincre. Alexander Zverev lui-même l’a affirmé : « La vraie Coupe Davis, c’est une question d’atmosphère… Cette Coupe Davis, ce n’est pas la vraie Coupe Davis. »
Fabio Fognini, invité à Bologne pour la finale, résume la situation sans détour : « Ils ont changé la Coupe Davis pour le pire, pas pour le meilleur. Les absences de Sinner et Alcaraz ont fait perdre son lustre à l’épreuve. À part Zverev, il n’y avait personne. Ce n’est pas bon pour la Coupe Davis. Il faut repenser tout cela. »
Certains évoquent désormais l’idée d’une édition tous les deux ans. Félix Auger-Aliassime résume : « Cette épreuve doit rester un événement spécial. Comme les Jeux Olympiques ou la Coupe du monde de football, elle doit être rare. Si on la fait tous les ans, elle perd de sa valeur. » Sept ans après sa grande réforme, la « Vielle Dame » du tennis mondial est toujours en quête d’équilibre et d’avenir.




