En débutant récemment sa 8ᵉ saison avec les Los Angeles Lakers, LeBron James a désormais dépassé le nombre d’années de son premier passage à Cleveland. Jamais auparavant le « King » n’avait porté aussi longtemps, et de façon continue, le maillot d’une même franchise. Pourtant, la question demeure : que restera-t-il de cette période californienne ? Un titre et quelques records, certes, mais au-delà de ça ?
Interrogé avant le coup d’envoi de la saison NBA, Byron Scott, triple champion aux côtés de Magic Johnson dans les années 80 (1985, 1987 et 1988), a balayé l’idée que LeBron pourrait rejoindre le panthéon des légendes des Lakers telles que Kareem Abdul-Jabbar, Kobe Bryant ou Shaquille O’Neal, immortalisées sur la Star Plaza de Los Angeles. À ses yeux, LeBron n’a simplement pas fait assez.
« Si vous regardez les joueurs ayant leur statue, ils ont été des Lakers toute leur carrière ou presque, champions à plusieurs reprises – sauf Jerry West peut-être. Aujourd’hui, à ce stade – et je suis un grand fan de LeBron pour tout ce qu’il a accompli –, doit-il avoir sa statue ? Non. »
L’avis de l’ancien arrière de Magic reste personnel, mais il n’est pas dénué de fondement. Sportivement, l’aventure de LeBron à Los Angeles n’est pas un échec : en 2020, il a décroché le 4ᵉ titre NBA de sa carrière. Pourtant, les exploits sportifs suffisent-ils à forger un véritable héritage ?
L’héritage, bien au-delà des titres
Lors de son premier passage à Cleveland (2003-2010), le public a retenu la fulgurante ascension du jeune d’Akron, sa lutte pour s’imposer dans la ligue. Son passage à Miami l’a consacré en tant que « super vilain » avant que son retour à Cleveland ne lui offre la rédemption, notamment grâce au sacre de 2016. Mais, au fond, ce n’est pas seulement sur le terrain que son nom s’inscrit dans les mémoires.
Ses débuts à Cleveland n’ont rapporté aucun titre, Miami seulement deux, et son retour à Cleveland n’a donné qu’un seul sacre, tout comme son aventure aux Lakers. L’héritage de LeBron ne se mesure donc pas uniquement aux trophées glanés.
Aux Lakers, la liberté avant tout
« En 2010, lorsqu’il est parti à Miami, c’était pour le titre. En 2014, son retour à Cleveland visait à tenir sa promesse. En 2018, quand il a rejoint les Lakers, c’était juste pour faire ce qu’il voulait. »
Ces propos de Rich Paul, agent et proche de LeBron, résument bien la philosophie du joueur à Los Angeles. S’il a intégré la franchise la plus prestigieuse de l’histoire de la NBA, c’est aussi un choix stratégique pour sa carrière hors du parquet.
Après avoir habitué le monde du basket aux finales NBA de 2011 à 2018, LeBron a depuis disparu des grands rendez-vous printaniers. En sept saisons avec les Lakers, il n’a décroché qu’un seul titre et disputé une finale de conférence, tandis qu’il a été éliminé dès le 1er tour à trois reprises et a manqué les Playoffs à deux autres occasions. La soif de victoire, qui le définissait autrefois, semble avoir cédé du terrain à d’autres priorités.




