Le centre Pita Ahki, joueur discret mais indispensable du Stade Toulousain, s’apprête à disputer son dernier match sous les couleurs Rouge et Noir ce samedi à domicile contre le Racing 92, après sept années riches de succès majeurs. David Ainu’u n’a pu retenir ses larmes vendredi lors de la conférence de presse, à la veille d’une rencontre qui marque également le retour sur le terrain d’Antoine Dupont.
À 33 ans, le Néo-Zélandais, aussi réservé en dehors du terrain que percutant sur la pelouse, s’apprête à rentrer chez lui, loin de Toulouse, laissant derrière lui un club qui l’a élevé au rang de l’un des meilleurs centres du championnat de France. « On est assez tristes pour nous, c’est un sentiment un peu égoïste, mais c’est pour lui, pour son bien. Il nous a dit que c’était pour des raisons familiales, et si c’est important pour lui, on le respecte », confie l’ouvreur Romain Ntamack, qui a grandi sous la protection silencieuse d’Ahki.
Tous s’accordent à reconnaître la difficulté de départager le joueur acharné de l’homme au grand cœur, comme le résume l’entraîneur adjoint Laurent Thuéry : « Il rassure par sa présence. Ce n’est pas quelqu’un qui parle beaucoup, mais par ses actes, ses duels gagnés, il donne énormément confiance à l’équipe. »
Arrivé à Toulouse en 2018 après un début de carrière en Océanie et une année en Irlande avec le Connacht, Ahki s’est rapidement imposé. Dès sa première saison, il dispute 23 matches et contribue à décrocher un Brennus que le club convoitait depuis sept ans.
« Ce n’était pas un grand bavard, mais un simple regard ou une poignée de mains suffisait pour savoir qu’il allait tout donner pour ses coéquipiers », témoigne Ntamack. Pour le talonneur Julien Marchand, « Il a toujours été là, même dans les moments les plus difficiles. Ça va être dur sans lui. »
Pita Ahki s’inscrit dans la lignée des grands noms du club tels que François Cros, Antoine Dupont, Thomas Ramos, Peato Mauvaka ou Cyril Baille. Titulaire lors de six des sept finales remportées depuis 2019, il s’est distingué par son impact physique et ses plaquages impressionnants, rappelle Thuéry. Même sur le banc lors de la finale de juin dernier contre Bordeaux-Bègles, Ahki a su faire la différence et offrir les deux pénalités décisives à Thomas Ramos.
Son départ, anticipé alors que son contrat courait jusqu’en juin 2026, marque la fin d’une ère. Des joueurs comme Teddy Thomas ou le jeune Kalvin Gourgues, inspiré par Ahki, auront désormais la tâche de poursuivre son héritage, espère Ntamack : « On souhaite qu’il transmette avec succès ce qu’il a légué à l’équipe. »




