Ligue 1 – PSG : Luis Enrique et le jeunisme poussé à l’extrême ? « Ça fait aussi grandir les autres… »

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Cette saison, la tendance s’est accentuée au PSG : Luis Enrique n’hésite plus à offrir un temps de jeu conséquent aux jeunes talents, parfois au détriment de joueurs plus expérimentés. Une stratégie qui comporte des risques de frustration, mais qui pourrait paradoxalement répondre aux objectifs du technicien espagnol.

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Samedi dernier à Monaco, le choix de Luis Enrique a surpris : Senny Mayulu a été titularisé en avant-centre, malgré la présence d’attaquants plus expérimentés comme Gonçalo Ramos et Bradley Barcola. Quentin Ndjantou et Ibrahim Mbaye ont été lancés en cours de match, tandis que Ramos n’est entré qu’à la 83e minute et Barcola est resté sur le banc. Paris s’est incliné 1-0 sur le Rocher, mais la décision de privilégier des jeunes plutôt que des cadres en attaque a fait débat.

Le jeunisme n’est pas une nouveauté pour Luis Enrique, qui avait déjà adopté cette approche lors de ses deux premières saisons à Paris. Depuis la reprise, il a encore accentué cette politique : Senny Mayulu (19 ans) totalise 947 minutes de jeu en ce début décembre, se rapprochant de son total de la saison passée (1 266 minutes). Ibrahim Mbaye (17 ans) a presque doublé son temps de jeu (675 minutes contre 366 en 2024-25), et Quentin Ndjantou (18 ans), jusque-là jamais apparu en équipe première, compte déjà 366 minutes, soit l’équivalent de quatre matchs complets.

Luis Enrique insiste sur la qualité du temps de jeu. Après la victoire contre Le Havre, il expliquait : « Ce qui est important pour ces joueurs, c’est qu’ils aient des minutes de jeu significatives. Entrer quand tu gagnes 4-0 n’apporte rien. » Monaco n’a fait exception à cette logique : au moins un jeune a été titularisé lors des grands rendez-vous du PSG, sauf à Marseille et contre le Bayern Munich, deux des trois défaites de la saison.

Cette politique est également favorisée par le contexte. Les blessures d’Ousmane Dembélé et Désiré Doué ont ouvert des opportunités à Mayulu, Ndjantou et Mbaye. Mais cela a limité le temps de jeu de certains joueurs confirmés, comme Ramos, Kang-in Lee et Barcola. Même si leurs statistiques sont proches de celles de la saison précédente, ces cadres peuvent ressentir de la frustration.

« À court terme, il y aura peut-être des déçus, reconnaît Guy Lacombe, entraîneur du PSG entre 2005 et 2007. Mais cela les fait progresser. Le métier de footballeur, c’est faire face à une concurrence intense. Avec du caractère, ils franchiront ce cap et seront encore plus forts. C’est exactement ce que cherche Luis Enrique. »

Au-delà du développement des jeunes, cette stratégie permet aussi d’éviter que d’autres joueurs s’installent dans une zone de confort. « Le mot “installé” n’existe pas chez Luis Enrique, poursuit Lacombe. Son objectif est de pousser les joueurs à donner le meilleur d’eux-mêmes, à ne jamais se reposer sur leurs acquis. »

Le timing est idéal, alors que le PSG se prépare à une seconde moitié de saison chargée. « Il améliore progressivement son groupe, souligne Lacombe. Quand il aura besoin de joueurs ayant déjà disputé plusieurs matchs importants, cela fera la différence. »

En donnant un rôle significatif aux jeunes, Luis Enrique cherche à les faire progresser tout en stimulant les cadres à se remettre en question. « Il forme un club solide, conclut Lacombe. C’est une stratégie qu’il met en place depuis un ou deux ans et qui commence à porter ses fruits. »

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