Sous le feu des projecteurs, l’arbitrage français a présenté ce mardi ses principales directives pour la saison à venir, au siège de la Fédération Française de Football (FFF). Au programme : usage du VAR, application stricte de la règle des huit secondes pour les gardiens, et interaction limitée aux seuls capitaines. Anthony Gautier et ses assistants ont détaillé les grandes lignes de ces nouveautés.
95 % des décisions jugées correctes
La présentation a débuté sur un chiffre marquant : 95 % des décisions arbitrales de la saison 2024/2025 ont été considérées comme adéquates par la direction de l’arbitrage, sur un total de 2 172 décisions majeures (penaltys, cartons jaunes et rouges). Une donnée qui rappelle la qualité générale de l’arbitrage français et la rareté des erreurs.
Lors de cette présentation d’environ 1h30, Anthony Gautier a exposé les nouvelles consignes destinées aux arbitres, aux clubs et aux joueurs.
Les capitaines, seuls interlocuteurs de l’arbitre
Comme expérimenté lors de l’Euro 2024, seuls les capitaines pourront désormais échanger avec l’arbitre, une disposition entrée dans les lois du jeu le 1er juillet dernier. Les capitaines doivent se comporter avec respect et éloigner leurs coéquipiers pour éviter les attroupements, souvent préjudiciables à l’image du football. Tout comportement contestataire sera sanctionné sans tolérance.
Cette mesure ne restreint pas complètement la communication avec l’arbitre : un joueur non-capitaine concerné par une action pourra obtenir des explications, à condition que l’arbitre initie l’échange. En moyenne, chaque rencontre nécessite entre deux et cinq explications d’arbitre à joueur. « L’image de sérénité qui en découle est essentielle, et cela laisse aussi le temps à la VAR de travailler », souligne Mickaël Landreau, conseiller technique et tactique des arbitres de l’Élite.
La règle des huit secondes pour les gardiens
Autre nouveauté, déjà testée lors de la Coupe du monde des clubs : les gardiens auront un maximum de huit secondes pour se défaire du ballon une fois qu’ils peuvent le jouer librement. Le non-respect de cette règle entraînera un corner pour l’équipe adverse. Si ce cas ne s’est pas encore produit en Ligue 1, il est déjà survenu en Premier League.
Cette mesure, combinée à une plus grande tolérance sur les micro-contacts, vise à augmenter le temps de jeu effectif et améliorer le spectacle. Selon la FFF, la Ligue 1 est le championnat européen où l’on joue le plus longtemps, devant la Premier League, la Ligue Europa et la Ligue Conférence, avec une moyenne de 57 minutes et 39 secondes par match en 2024/2025 et un temps additionnel moyen de 7’30″. Le décompte du temps additionnel sera strict pour garantir l’équité sportive.
Optimiser l’usage du VAR
Huit ans après son introduction, le VAR reste un sujet sensible. L’objectif cette saison est de réduire au maximum le temps d’intervention vidéo. Romain Delpech, en charge de l’arbitrage, insiste : « Le VAR ne doit pas chercher à convaincre l’arbitre sur le terrain. Il faut produire un clip de 15 à 20 secondes qui convainc arbitre, joueurs et téléspectateurs. »
Dans les moments clés, les arbitres principaux sont encouragés à solliciter eux-mêmes le VAR pour confirmer leur décision, comme l’a fait Jérôme Brisard lors de Strasbourg – Le Havre la saison dernière. Quant à la notation des arbitres, recourir au VAR n’impacte pas leur évaluation, sauf en cas d’erreur technique. « Si le placement et la communication sont corrects, il n’y a aucune raison de pénaliser un arbitre qui consulte la vidéo », explique Amaury Delerue, entraîneur des arbitres de Ligue 1.




