Pierre-Emerick Aubameyang aurait pu sortir tête basse après une première période frustrante, mardi soir face à Newcastle. Quatre occasions franches manquées, autant de situations qui auraient pu faire douter plus d’un attaquant. Mais l’international gabonais n’est pas de ceux qui s’appesantissent sur l’échec. Au retour des vestiaires, il a tout balayé d’un doublé décisif, offrant une victoire capitale à l’Olympique de Marseille en Ligue des champions. À 36 ans, il s’impose plus que jamais comme l’arme fatale de son équipe, au plus haut niveau. Presque éternel.
L’histoire aurait pourtant pu être bien différente. Longtemps maladroit, Aubameyang incarnait jusque-là les limites offensives d’un OM fébrile, qui semblait se diriger vers une nouvelle désillusion européenne. Dès l’entame, sa complicité avec Mason Greenwood était prometteuse, mais la réussite fuyait le buteur marseillais. Deux occasions nettes en l’espace de quelques secondes (18e, 19e), une tête manquée en position idéale (37e), puis une reprise manquant le cadre après un gros pressing (40e) symbolisaient cette première période à contretemps.
Tout a basculé après la pause. « On sentait quelque chose de positif, malgré ses occasions ratées », confiera après coup son entraîneur Roberto De Zerbi. Son intuition s’est révélée juste. En quatre minutes, Aubameyang a renversé le match. Profitant d’une sortie hasardeuse de Nick Pope, il a égalisé d’un geste de pur attaquant, dans un angle compliqué, moins de trente secondes après la reprise. Puis il a frappé à nouveau, cette fois à bout portant, concluant parfaitement un centre venu de la droite.
À cet instant, la métamorphose était totale. Quelques minutes plus tôt, la maladresse ; désormais, l’efficacité chirurgicale. Après le coup de sifflet final, il savourait au micro de Canal+, glissant un mot plein d’affection pour son jeune passeur décisif, Darryl Bakola, seulement âgé de 17 ans. Dix-neuf ans séparent les deux hommes, mais sur le terrain, Aubameyang court, presse et attaque comme un joueur bien plus jeune.
On le disait sur le déclin après son passage en Arabie saoudite. Son retour à Marseille était perçu comme un pari risqué. L’ancien Stéphanois s’emploie aujourd’hui à faire voler en éclats toutes ces certitudes. Avec trois buts et trois passes décisives depuis le début de la campagne européenne, il figure parmi les joueurs les plus déterminants de la Ligue des champions, à égalité d’influence offensive avec Victor Osimhen. Il est également impliqué sur 75 % des buts marseillais dans la compétition.
Mieux encore, il a rejoint un cercle très fermé en égalant le total de buts inscrits en Coupes d’Europe par Thierry Henry, avec 59 réalisations. Une statistique symbolique, qui illustre son incroyable longévité.
« Son seul défaut, c’est son âge. J’aimerais qu’il joue encore dix ans », a glissé De Zerbi avec un sourire. Sans aller jusque-là, six mois supplémentaires à ce niveau pourraient déjà transformer la saison de l’OM. Et confirmer qu’Aubameyang, à 36 ans, n’a toujours pas dit son dernier mot.




