À Paris, un joueur semble traverser la saison avec une constance impressionnante, tant sur le plan physique que technique : Vitinha. Très régulier depuis le coup d’envoi de la saison, le milieu portugais est devenu indispensable, capable d’adapter son jeu à toutes les situations grâce à trois atouts majeurs qu’il a affinés sous les ordres de Luis Enrique. Ces qualités seront déterminantes face au Bayern Munich, ce mardi soir (21h00).
Depuis le début de l’exercice, Vitinha a accentué son influence sur le jeu du Paris Saint-Germain. Fréquemment proche ou même au-dessus des 150 ballons touchés par match, comme contre Nice (1-0) ou Brest (0-3), le Portugais centralise le jeu. Tout passe par lui, partout et tout le temps.
International portugais, Vitinha se distingue comme un véritable chef d’orchestre… mais avec trois baguettes. Sous la direction de Luis Enrique, le troisième du Ballon d’Or a diversifié son jeu pour rester l’élément central de l’équipe, quelle que soit la stratégie adverse.
« Quand le coach est arrivé, il ne m’a pas immédiatement placé comme milieu défensif, car mon style de jeu ne correspond pas à celui d’un numéro 6 classique. Normalement, ce poste se joue avec une ou deux touches de balle, alors que moi, j’ai l’habitude d’être très impliqué dans le jeu. Il a vite compris que je pouvais apporter autre chose », expliquait Vitinha à ICI Paris Ile-de-France.
Aujourd’hui positionné plus bas sur le terrain, il profite de son aisance technique, de son centre de gravité bas et de sa fréquence d’appuis pour gérer le contre-pressing adverse. Capable de relancer le jeu dans les trois à cinq premières secondes de pression, il apporte sécurité et confiance à son équipe.
En Ligue des champions, où Paris rencontre des formations plus ambitieuses, Vitinha reste imperturbable. Selon Opta, il a réussi 92,4 % de ses passes sous pressing intense (134 sur 145), le meilleur ratio parmi tous les joueurs ayant tenté au moins 100 passes. Au-delà des statistiques, sa capacité à casser les lignes balle au pied reste redoutable. On se souvient de son accélération pour le troisième but face à l’Inter en finale de Ligue des champions (5-0) ou de son action décisive contre Leverkusen (7-2).
Cette faculté à progresser rapidement avec le ballon constitue une arme clé contre les blocs médians. Aucun joueur des cinq grands championnats européens ne progresse autant balle au pied que lui. Vitinha crée de la variété, du désordre et parfois la surprise. « J’aime contrôler le match, dicter le rythme, décider quand et comment agir. Je suis un peu éloigné du but, mais quand je sens l’opportunité, j’y vais », précise-t-il.
Face aux blocs bas, Vitinha devient un véritable quarterback. Positionné à plus de 30 mètres du but adverse, il fait circuler le ballon, recherche la faille et, si nécessaire, la crée. Sa technique lui permet de servir ses coéquipiers par des passes longues et précises, comme celles qui ont mené à ses dernières passes décisives en Ligue 1, pour Hakimi à Brest ou Zabarnyi contre Auxerre.
Autrefois reconnu pour ses capacités à marquer, Vitinha brille désormais par sa maîtrise du jeu. « Je ne marque peut-être pas autant, je ne suis pas près du but, mais je touche énormément de ballons, et j’aime ça », explique-t-il. En Europe, il est de loin le joueur ayant réussi le plus de passes dans le dernier tiers adverse, devant Pedri. Avec cinq passes décisives toutes compétitions confondues cette saison, il a déjà égalé son total des deux saisons précédentes, et il n’a pas fini de surprendre.




