Liverpool a marqué les esprits cet été avec un mercato exceptionnel, dépensant 482 millions d’euros pour renforcer son équipe déjà championne d’Angleterre. Alexander Isak, Hugo Ekitike, Florian Wirtz… les Reds ont frappé fort sur le marché, tout en vendant intelligemment, contrairement à Chelsea, qui dans un passé récent avait parfois dépassé ses moyens.
Les médias britanniques n’ont pas lésiné sur les superlatifs : records battus, chiffres impressionnants, Premier League plus dépensière que jamais – la barre des trois milliards de livres a été franchie. Liverpool, avec ses 482 millions injectés dans son effectif, dépasse même les mastodontes européens comme le Real Madrid, le Barça ou le PSG. Même Chelsea n’avait atteint de tels montants qu’une seule fois, en 2022-23, lors d’un mercato extravagant incluant l’achat de Raheem Sterling pour 56,2 millions d’euros.
Mais comment expliquer ces dépenses massives alors que, ailleurs en Europe, les clubs doivent se montrer plus prudents ? La dernière saison complète disponible, 2023-24, montre que sept clubs de Premier League étaient bénéficiaires tandis que treize autres affichaient des pertes, pour un déficit global de 118 millions d’euros, quatre fois supérieur à celui de la Bundesliga.
Liverpool a aussi vendu intelligemment
Liverpool, qui avait terminé l’exercice 2023-24 avec un déficit de 65,5 millions d’euros, a pu investir autant grâce à une stratégie réfléchie. L’addition d’Isak à 144 millions et de Wirtz à 125 ne reflète pas toute l’histoire : les Reds ont vendu des joueurs clés comme Luis Diaz (70 millions au Bayern Munich), Darwin Nuñez (53 millions à Al Hilal) ou Jarrel Qansah (35 millions à Leverkusen). Au final, le bilan net reste très conséquent, supérieur à 250 millions, mais moins extrême que celui d’Arsenal.
Les Gunners ont dépensé “seulement” 293 millions, mais leurs ventes n’ont rapporté que 10 millions, ce qui porte leur dépense nette à 283 millions, légèrement supérieure à celle de Liverpool. Ces chiffres, gigantesques hors du contexte anglais, restent maîtrisés grâce au fair-play financier anglais et aux règles de durabilité financière de l’UEFA, limitant les pertes à 120 millions d’euros sur trois ans.
Une gestion comptable astucieuse
Autre facteur : l’amortissement des indemnités de transfert sur la durée des contrats. Les 482 millions dépensés par Liverpool sur des contrats de cinq ans représentent environ 96,4 millions par an dans les comptes. En parallèle, toutes les ventes – près de 180 millions – peuvent être comptabilisées immédiatement. Cette approche a permis aux Reds de continuer leurs recrutements, comme l’arrivée de Marc Guéhi, et d’envisager d’autres renforts sans compromettre leur équilibre financier.
En somme, Liverpool a frappé fort, bâtissant un effectif capable de dominer le football anglais pour les prochaines saisons. L’après-Salah a déjà commencé. Et, malgré les gros titres et les chiffres impressionnants, tout cela a été réalisé sans mettre en danger la santé financière du club – un exemple que ses rivaux devraient méditer.




