Jeudi à Toronto, Ben Shelton a écrit une nouvelle page de sa jeune carrière en décrochant son premier titre en Masters 1000. Le puissant Américain de 22 ans, qui grimpera à la 6ᵉ place mondiale – son meilleur classement à ce jour – a dominé le Russe Karen Khachanov (16ᵉ) au terme d’un affrontement intense conclu 6-7 (5), 6-4, 7-6 (3) après 2h48 de jeu.
Cette finale entre deux gros serveurs a tenu toutes ses promesses : aucune balle de break n’a été concédée lors du dernier set, et c’est finalement dans le tie-break décisif que Shelton a fait la différence, ne lâchant pas un point sur sa mise en jeu. Après avoir forcé la faute de son adversaire sur le premier échange, il a conservé son avantage jusqu’à la balle de match, avant de célébrer dans les bras de son père et entraîneur, Bryan Shelton.
Déjà titré à Tokyo en 2023 et à Houston en 2024, “Big Ben” devient le plus jeune Américain à s’imposer dans un tournoi de cette catégorie depuis Andy Roddick à Miami en 2004. Ce succès le propulse idéalement vers Cincinnati, puis l’US Open, où il nourrira de grandes ambitions.
Face à lui, Khachanov – lauréat du Masters 1000 de Paris-Bercy en 2018 – a longtemps résisté. Le Russe de 29 ans a empoché le premier set au jeu décisif et a tenu tête jusqu’au break concédé en fin de deuxième manche. Sourire aux lèvres lors de la remise des prix, il a salué les qualités de son adversaire : « Il y a trois ans, tu étais encore à l’université et j’avais dit à ton père de te lancer sur le circuit. Peut-être que je n’aurais pas dû ! »
Shelton, demi-finaliste à l’Open d’Australie et quart de finaliste à Wimbledon cette saison, n’a pas manqué de remercier son père : « Il croit en moi, me pousse et reste toujours honnête ». Ancien joueur ATP, Bryan Shelton avait atteint la 55ᵉ place mondiale au début des années 1990, sans connaître un tel succès.




