Menacé l’an dernier de rétrogradation en raison de ses dettes, l’Olympique Lyonnais se présente à nouveau ce jeudi devant la DNCG pour un point d’étape à mi-saison, alors que la structure financière de sa maison-mère reste encore largement opaque.
Après une saison sous haute tension, le club rhodanien doit démontrer qu’il a respecté ses engagements en matière d’économie, suite au départ de John Textor et à la nomination de Michele Kang comme présidente, le 30 juin dernier. Selon une source proche du club, les contacts entre la direction lyonnaise et la DNCG sont réguliers, mais les restrictions sur le mercato hivernal devraient rester en vigueur.
Des comptes toujours sous pression
Eagle Football Group, société qui gère l’OL, a enregistré un résultat net déficitaire de 201,2 millions d’euros pour l’exercice 2024-25, arrêté au 30 juin, soit une aggravation de 175,3 millions par rapport à la saison précédente. La dette s’élève désormais à 517,9 millions d’euros. Malgré cela, Eagle Football a enregistré une hausse de 7 % de ses revenus au premier trimestre de l’exercice 2025-26, portée notamment par les transferts estivaux.
Eagle Holding Bidco au cœur de la structure multi-clubs
Basée à Londres et fondée par John Textor, Eagle Holding Bidco supervise l’OL ainsi que le club brésilien de Botafogo et le Belge de Molenbeek. Sous la pression de son principal prêteur, le fonds Ares, elle tente de clarifier les flux financiers intra-groupe et de déterminer les dettes réciproques, condition nécessaire pour éviter sanctions financières et litiges au Brésil et à Londres.
Les transferts pointés du doigt
Les échanges entre l’OL et Botafogo suscitent de nombreuses questions. Selon les rapports financiers, l’OL a acquis les droits économiques de quatre joueurs de Botafogo pour un total de 99,3 millions d’euros entre 2024 et 2025. Aucun de ces joueurs n’a toutefois évolué à Lyon en raison des restrictions de recrutement imposées par la DNCG, à l’exception de Thiago Almada, prêté gratuitement de janvier à juin 2025.
Botafogo a perçu environ 100 millions d’euros en avance de trésorerie via une société d’affacturage, mais seule une partie de ces sommes – 33 millions d’euros pour la vente de Luiz Henrique – apparaît dans les comptes du groupe. L’affactureur réclame néanmoins le règlement des sommes dues à l’OL.
Impliqué dans les deux clubs, John Textor a été un acteur central, notamment dans ses relations avec Evangelos Marinakis, président de Nottingham Forest, où Cunha et Jesus ont été transférés pour 31 millions d’euros cet été. L’été 2024, l’OL avait dépensé 67 millions pour Moussa Niakhaté et Orel Mangala, soit le double de leur valeur estimée sur le marché.
La défense de Textor
Face aux accusations de « transferts fictifs » relayées par L’Équipe, Textor assure que « toutes les transactions sont réelles, conformes aux règles de la FIFA et financièrement avantageuses pour l’OL ». Il conteste également la décision de la DNCG de bloquer rétroactivement l’enregistrement de joueurs déjà acquis, qu’il juge « injuste et politiquement motivée ». Selon lui, le club était déjà « insolvable en 2022 » au moment de son rachat à Jean-Michel Aulas.
Des flux financiers complexes
Botafogo affirme avoir prêté environ 45 millions d’euros nets à l’OL depuis 2023 et versé quelque 65 millions en avances à l’OL ou à des entités du groupe Eagle pour des opérations internes. Selon une source proche du club, « les comptes reflètent l’ensemble des positions avec les autres entités du groupe et il n’est pas pertinent de se concentrer sur un flux isolé ».




