Pas à sa place et pourtant séduisant : quel rôle pour ce championnat d’Europe ?

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Ce mercredi marque l’ouverture de la 10ᵉ édition des Championnats d’Europe de cyclisme nouvelle formule, celle qui a relancé leur intérêt depuis 2016. Traditionnellement placés avant les Mondiaux — sauf en 2023 — ces championnats semblaient avoir trouvé leur place dans le calendrier. Mais en 2025, leur positionnement interroge, malgré la présence des meilleurs coureurs du monde : Tadej Pogacar, Jonas Vingegaard ou Remco Evenepoel.

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Pourquoi ce choix de date ? Dans un calendrier toujours plus dense, l’UCI peine à positionner ces championnats, signe d’une importance parfois relative. En 2024, ils avaient coïncidé avec les Grands Prix de Québec et Montréal. Cette année, le parcours est dégagé, mais l’ombre des Mondiaux de Kigali, remportés par Pogacar, plane sur l’événement.

Pourtant, en Ardèche et dans la Drôme, les parcours promettent d’être spectaculaires. Dès mercredi, le contre-la-montre inaugurera la compétition, avant les courses en ligne prévues samedi et dimanche autour du Val d’Enfer, montée mythique de la Faun-Ardèche Classic. Ce cadre somptueux pourrait bien expliquer la présence de nombreuses stars.

Et elles sont au rendez-vous : Pogacar, Vingegaard, Evenepoel, Mads Pedersen, Mattias Skjelmose, Juan Ayuso, Joao Almeida, Romain Grégoire chez les hommes, et Ferrand-Prévôt, Elisa Longo Borghini, Demi Vollering, Anna Van der Breggen, Marlen Reusser chez les femmes. Un plateau XXL offrant d’innombrables scénarios.

Pour autant, un problème subsiste. Comment un championnat qui a bâti son prestige depuis 2016 peut-il se placer juste après les Mondiaux de Kigali ? Dans la plupart des sports, l’Europe précède le Monde, et non l’inverse. Être champion d’Europe est un honneur, mais l’irrésistible allure du maillot arc-en-ciel demeure supérieure.

Certains coureurs, comme Pogacar ou Ferrand-Prévôt, restent évidemment motivés à ajouter un titre européen à leur palmarès. Mais pour Pogacar, ce maillot pourrait rester symbolique, puisqu’il le portera rarement avant les Mondiaux. Même logique pour Remco Evenepoel ou Marlen Reusser, engagés sur le contre-la-montre et la course en ligne peu après Kigali.

Ainsi, le week-end se jouera sur la qualité du plateau, ce qui n’est déjà pas négligeable. Mais si les Championnats d’Europe veulent poursuivre leur progression et s’affirmer indépendamment des Mondiaux, s’émanciper de leur ombre semble indispensable. Pour les coureurs, passer de Kigali à l’Ardèche et à la Drôme implique une réacclimatation, pouvant engendrer des performances inattendues.

Idéalement placés avant les Mondiaux, ces championnats auraient plus de sens. Dans la configuration actuelle, ils apparaissent un peu comme une consolation, même si le public pourra profiter d’un spectacle de haut niveau. En attendant, Pogacar, Ferrand-Prévôt et les autres sont attendus pour mettre le feu sur les routes françaises, et ça, personne ne s’en plaindra.

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