Qualifications Coupe du monde 2026 | Pourquoi l’Arabie saoudite n’a pas transformé son équipe en cimetière à stars internationales

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Près de trois ans après son incursion sur la scène internationale, l’Arabie saoudite n’a pas bouleversé les choix des sélectionneurs des grandes nations. Contrairement aux prédictions, les cadres historiques ont conservé leur place malgré leur départ vers le Moyen-Orient, tandis que d’autres joueurs, moins installés, tirent parti de nouvelles opportunités. En revanche, les plus jeunes risquent de compromettre leur avenir international.

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Des effets plus nuancés que prévu

Deux ans et demi après le transfert de Cristiano Ronaldo à Al-Nassr en janvier 2023, qui a marqué le début de l’Arabie saoudite en tant que destination attractive pour les stars européennes, la Ligue saoudienne n’a pas eu l’effet dévastateur sur les sélections que certains imaginaient. Loin d’être un “cimetière à internationaux”, elle offre désormais des perspectives plus nuancées aux joueurs expatriés.

Deux exemples illustrent cette tendance : l’équipe de France et le Portugal. Didier Deschamps a ainsi conservé Théo Hernandez et Kingsley Coman dans sa liste cet été, après le retour de N’Golo Kanté l’an dernier. Du côté portugais, Cristiano Ronaldo, João Félix et Ruben Neves ont été appelés, et João Cancelo aurait également figuré si sa blessure ne l’avait pas empêché.

Sénégal : un modèle de continuité

Parmi les vingt nations les mieux classées à la FIFA, les joueurs évoluant en Arabie saoudite restent rares. La ligue a réorienté son recrutement vers des joueurs plus jeunes, tandis que certains vétérans comme Marcelo Brozovic ou Iñigo Martinez ont choisi de renoncer à leur sélection.

Trois profils se dégagent :

  1. Les piliers expérimentés, dont la valeur et le poids en sélection restent indispensables. Au Portugal, CR7 continue d’être titularisé ; au Sénégal, Édouard Mendy, Kalidou Koulibaly et Sadio Mané demeurent essentiels, tout comme Yassine Bounou pour le Maroc.

  2. Les exilés profitant de circonstances favorables, comme Théo Hernandez et Kingsley Coman, qui bénéficient respectivement de l’absence de concurrence et de multiples indisponibilités dans leur équipe nationale. Coman souligne d’ailleurs l’intérêt de jouer plus régulièrement en Arabie saoudite : « Entre jouer 20 minutes au Bayern et disputer tous les matches, le choix est vite fait. » Le niveau des clubs saoudiens s’est notablement élevé ces dernières années, proche de celui de la MLS.

  3. Les jeunes éloignés des radars, qui peinent à convaincre leur sélectionneur. Moussa Diaby a disparu des listes depuis son arrivée à Al-Ittihad, Ivan Toney pourrait être oublié malgré ses sélections récentes, et Enzo Millot ou Mohamed Simakan devront sans doute retourner en Europe pour espérer intégrer l’équipe de France. Rodrigo Mora, espoir portugais, aurait également vu sa carrière internationale compromise en cas de transfert récent vers l’Arabie saoudite.

Une réalité en évolution

Didier Deschamps, d’abord sceptique sur la valeur du championnat saoudien, a ajusté sa perception face aux besoins de son équipe. Le vécu et l’expérience restent des critères essentiels pour continuer à porter le maillot national. Pour les plus jeunes, en revanche, quitter l’Europe trop tôt pourrait ralentir, voire bloquer, leur parcours international.

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