Gennaro Gattuso a dirigé vendredi son premier match à la tête de l’Italie, face à l’Estonie, dans le cadre des éliminatoires pour la Coupe du monde 2026. Les Azzurri se sont imposés 5-0, offrant un souffle nouveau à une équipe souvent critiquée dans son propre pays. Mais pour que l’espoir se concrétise, il faudra confirmer lundi contre Israël.
Pour son premier match, Gattuso avait choisi la prudence, malgré son enthousiasme évident : « Notre histoire montre que nous n’avons pas souvent gagné en marquant beaucoup de buts. Nous ne pouvons pas aborder ce match avec l’objectif de marquer le plus possible », avait-il déclaré avant le coup d’envoi.
Qu’il s’agisse d’une modestie feinte ou sincère, le résultat a été éclatant. La victoire 5-0 a non seulement rassuré les supporters mais a aussi convaincu une opinion publique italienne marquée par les échecs en qualifications pour les Coupes du monde 2018 et 2022.
Un champion du monde 2006 qui débute sur un score fleuve ? La presse italienne, tout en restant prudente face à l’adversaire limité – l’Estonie est 126ᵉ au classement FIFA –, n’a pas caché son enthousiasme. La Gazzetta dello Sport a même comparé Gattuso à Marcelo Lippi, le sélectionneur qui avait mené l’Italie au sommet du monde avec Gattuso sur le terrain.
Lippi lui-même a salué le nouveau sélectionneur : « ‘Ringhio’ me ressemble beaucoup, espérons qu’il aura autant de chance que moi. » Les deux hommes partagent le même amour du jeu, l’énergie sur le terrain et la manière de motiver leurs joueurs, souvent avec passion et intensité.
Tactiquement, Gattuso a repris un schéma familier à Lippi : un duo d’attaquants de pointe. La paire Moise Kean / Mateo Retegui a parfaitement fonctionné contre l’Estonie, avec un but pour Kean et deux pour Retegui, ce dernier ayant offert une passe décisive à Kean pour ouvrir le score.
L’approche très offensive, avec des ailiers hauts (Politano et Zaccagni) en plus de la double pointe, a séduit la presse italienne. Néanmoins, Gattuso a rappelé que le plan devra être ajusté contre Israël, adversaire plus solide : « Ils ont réalisé quelques contre-attaques et nous avons concédé certaines situations défensives. Quand le niveau monte, il faudra équilibrer les choses. »
La victoire est impérative. La défaite initiale contre la Norvège, qui avait coûté sa place à Luciano Spalletti, a mis la pression sur la Squadra Azzurra. Israël, avec un match d’avance, occupe actuellement la deuxième place du groupe I, synonyme de barrages. Pour l’Italie, tout autre résultat qu’un succès serait vécu comme un échec, pour le pays, pour Gattuso, et pour Gianluigi Donnarumma, capitaine et symbole de la renaissance italienne : « Je veux ramener l’Italie là où elle mérite d’être, pour les Italiens qui ont beaucoup souffert. »
Donnarumma croit en Gattuso : « Je connais l’homme, je sais ce qu’il peut apporter. » L’ancien entraîneur de l’OM et champion du monde possède l’expérience et la détermination nécessaires pour relever le défi. « Une chose est sûre, je n’ai pas peur », assure Gattuso, prêt à redonner à l’Italie sa grandeur perdue.




