Redevenu numéro 1 mondial après sa victoire au Chili, Sébastien Ogier (Toyota) aborde la dernière ligne droite du championnat avec l’ambition de maximiser ses chances. Longtemps peu intéressé par le record de neuf titres de Sébastien Loeb, le pilote gapençais se prend désormais au jeu, surtout que les épreuves de fin de saison lui sont particulièrement favorables.
Le Rallye d’Europe centrale, 12ᵉ manche du WRC ce week-end, sera l’occasion d’un nouvel épisode du duel Ogier–Loeb. Le Français peut se rapprocher d’un neuvième sacre mondial, égalant ainsi la légende alsacienne. Avec seulement deux points d’avance sur son coéquipier britannique Elfyn Evans, Ogier ne pourra toutefois pas décrocher le titre dès cette épreuve sur asphalte, qui s’étend sur quatre jours et traverse trois pays : Allemagne, Autriche et République tchèque. Mais à trois rallyes de la fin (suivront le Japon et l’Arabie Saoudite), le Gapençais de 41 ans bénéficie d’une dynamique favorable, avec deux victoires consécutives au Paraguay et au Chili, où il a pris le maximum de points et pris la tête du championnat. Ses principaux rivaux pour le titre restent Evans et le Finlandais Kalle Rovanperä, à seulement 21 points.
Ogier, qui n’avait initialement prévu de disputer qu’une partie de la saison et avait manqué trois manches entre janvier et juillet, a décidé de jouer sa chance jusqu’au bout. Il compte désormais cinq victoires et trois podiums en huit courses. « C’est très satisfaisant d’être là où nous en sommes et de nous battre pour le titre, mais les positions restent très serrées et je sais que ce rallye sera difficile », confie-t-il. « Nos concurrents peuvent être très forts sur l’asphalte, je m’attends donc à une bagarre intense. »
Le Rallye d’Europe centrale promet d’être piégeux. Le dernier rallye sur asphalte, aux Îles Canaries en avril, avait été remporté par Rovanperä devant Ogier. Selon le Finlandais, « ici, il n’y a pas de belles routes asphaltées comme aux Canaries, mais un revêtement irrégulier et boueux. Ce sera un rallye délicat, mais c’est une belle épreuve et nous allons en tirer le meilleur. »
Basé à Passau, en Bavière, le rallye se disputera sur 18 spéciales entre jeudi et dimanche, alternant routes ouvertes et roulantes en République tchèque et tracés techniques en forêt bavaroise, où les feuilles mortes peuvent être traîtres. « Plus vous êtes loin dans l’ordre de passage, plus il y a de surprises, car chaque voiture salit la route », met en garde l’Estonien Ott Tänak, dernier pilote Hyundai encore en lice pour le titre, avec 43 points de retard sur Ogier. « Le style de conduite est crucial, surtout avec des niveaux d’adhérence changeant radicalement après la pluie. L’expérience est vraiment primordiale ici. »
Du côté des constructeurs, Toyota, avec 125 points d’avance sur Hyundai, peut décrocher un cinquième titre mondial consécutif s’il termine le week-end avec au moins 120 points d’avance au classement général.




