Depuis deux ans, Jannik Sinner et Carlos Alcaraz ne laissent plus aucun Grand Chelem filer entre leurs mains et monopolisent désormais toutes les finales. Pour la première fois depuis 1964, un duo atteint trois finales majeures dans la même saison, illustrant l’ampleur de leur domination sur le circuit. Bienvenue dans l’ère du nouveau « Big 2 ».
Dimanche, un seul joueur sera couronné : il sera numéro un mondial le lendemain, qu’il conserve ou reprenne cette place. Mais avant ce dénouement, il est essentiel de saluer le parcours commun de Sinner et Alcaraz. Ensemble, ils réécrivent l’histoire du tennis : leur emprise sur le circuit en 2025 est saisissante, faisant de cette saison une campagne tout simplement historique.
L’an passé déjà, ils avaient partagé les titres du Grand Chelem, remportant chacun deux tournois. Mais entre chaque Major, un autre joueur s’intercalait en finale : Daniil Medvedev en Australie, Alexander Zverev à Roland-Garros, Novak Djokovic à Wimbledon ou Taylor Fritz à l’US Open. Cette époque est révolue. Depuis le dernier Open d’Australie, la mainmise de Sinner et Alcaraz est totale : le pouvoir bicéphale est devenu absolu, les deux champions régnant désormais en maîtres incontestés.
Comme à Paris et à Londres, Sinner et Alcaraz se retrouvent pour la finale de l’US Open à New York. Cela peut sembler banal, mais c’est en réalité un événement historique : jamais, dans l’ère Open, une même affiche de finale n’avait été répétée trois fois en une saison. Djokovic et Nadal avaient certes disputé quatre finales consécutives, mais sur deux années (Wimbledon 2011 à Roland-Garros 2012). Ici, tout se passe en 2025.
Si cette performance évoque les exploits du tennis australien des années 1960 – Roy Emerson battant Fred Stolle trois fois la même année – elle se distingue par le contexte moderne. L’ère Open a réuni tous les meilleurs joueurs du monde depuis 1968, rendant l’accomplissement de Sinner et Alcaraz unique.
Si 2024 avait marqué leur ascension conjointe au sommet, 2025 confirme leur supériorité écrasante. Ils laissent leurs concurrents loin derrière et ne se contentent plus de dominer : ils écrasent littéralement la concurrence. La finale à venir décidera qui, de l’Italien ou de l’Espagnol, s’adjugera la suprématie du moment. Mais avant ce duel, ils sont déjà les grands vainqueurs de la saison.
Cette année restera historique, grâce à eux et, de façon plus discrète, à Alexander Zverev, alors numéro 2 mondial au début de 2025. Sa finale à Melbourne avait permis à Sinner et Alcaraz de compléter le tableau des quatre finales majeures opposant les deux meilleurs joueurs de chaque tournoi, une première dans l’histoire.
Aujourd’hui, il n’y a plus qu’eux : Sinner et Alcaraz. Le nouveau Big 2 nous rappelle presque l’époque Federer-Nadal, en 2006-2007, qui avait dominé deux saisons consécutives. Mais la comparaison s’arrête là : la force de ce duo réside dans leur partage, cette alternance de victoires qui rend chaque triomphe unique. Sinner et Alcaraz sont non seulement exceptionnels, mais aussi profondément historiques. Dimanche, leur affrontement scellera encore plus leur légende.




