Rolex Paris Masters 2025 : Jannik Sinner, seul au sommet… peut-être trop seul ?

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En dominant Felix Auger-Aliassime et en survolant le Rolex Paris Masters 2025, qu’il a remporté sans concéder un set, Jannik Sinner a une nouvelle fois confirmé — et même accentué — l’écart qui le sépare de ses poursuivants. Avec Carlos Alcaraz, il semble régner sur le circuit ATP, à une époque où l’on vante pourtant la densité croissante du tennis mondial.

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Le Kazakh Alexander Bublik, connu pour ses propos souvent paradoxaux, en a récemment donné un exemple savoureux. Lors de sa défaite contre Jakub Mensik à Madrid en mai, il s’était exclamé en plein match à l’arbitre Mohamed Lahyani : « Tu te souviens, quand le tennis était facile, et que le top 50 était rempli de joueurs moyens ? Regarde-le, il n’est même pas dans le top 10 ! » Mensik, 23e mondial à l’époque, venait de décrocher son premier Masters 1000 à Miami contre Novak Djokovic.

Quelques mois plus tard, à Shanghai, Valentin Vacherot est devenu le joueur le plus mal classé de l’histoire à remporter un Masters 1000 (204e mondial). Pour Bublik, cette victoire illustre que « quand Carlos et Jannik ne sont pas là, le niveau n’est pas au rendez-vous. »

Le paradoxe est frappant : le circuit serait à la fois dense, avec des surprises possibles, et en même temps dominé par deux joueurs quasi inaccessibles. Les Masters 1000 de Shanghai et Paris viennent le confirmer de façon caricaturale. Tous s’entraînent mieux, maîtrisent la tactique et bénéficient d’un encadrement plus professionnel. Pourtant, Sinner et Alcaraz continuent de survoler leurs rivaux, malgré les efforts pour réduire l’écart.

Selon Frédéric Fontang, entraîneur de Felix Auger-Aliassime, « le niveau s’est énormément élevé dans le top 50 et même au-delà. Mais avec Alcaraz et Sinner, il y a encore un cran d’écart. » Cette marge, ténue sur certains matches, demeure abyssale statistiquement : depuis Madrid 2024, aucun tournoi n’a été remporté par un autre joueur lorsque les deux étaient présents — sauf exceptions liées à blessures ou forfaits.

Cette domination bicéphale soulève toutefois une question : le tennis manque-t-il d’un « troisième homme » capable de challenger durablement les deux leaders ? Jo-Wilfried Tsonga partage cette frustration : « À mon époque, même avec le Big Four, il y avait toujours du suspense dès les huitièmes ou quarts. Aujourd’hui, face à Sinner et Alcaraz, les autres joueurs semblent impuissants. »

Cette semaine à Paris, Alcaraz a chuté dès le premier tour face à Cameron Norrie, laissant Sinner « danser seul ». Même légèrement diminué, l’Italien a surclassé tous ses adversaires, infligeant notamment à Zverev sa plus lourde défaite depuis ses débuts en 2014. Le public, espérant un tournoi plus disputé, a parfois semblé contraint de se tourner vers les matches secondaires pour un peu de spectacle.

Seul point positif : la résistance de Felix Auger-Aliassime en finale. Le Canadien, qui avait été dominé par Sinner à Cincinnati et pris un set à l’US Open, a montré des progrès et un potentiel pour se rapprocher du duo de tête. « L’écart se resserre de match en match », a-t-il reconnu en conférence de presse, soulignant que la finale s’est jouée sur les détails du service et du retour.

Pour le reste, la hiérarchie reste inchangée : malgré l’élévation du niveau global du circuit, Sinner et Alcaraz demeurent au sommet, isolés dans leur tour d’ivoire. Quoi qu’il arrive lors des Masters de fin d’année, la véritable révolution sur le circuit devra attendre 2026.

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