Sans Wembanyama, 28 revers d’affilée et avant-derniers de NBA : l’incroyable renaissance des Pistons

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Derrière l’Oklahoma City Thunder, leader incontesté de la NBA, mais devant les San Antonio Spurs de Victor Wembanyama, une équipe s’est installée là où personne ne l’attendait : les Detroit Pistons. Meilleure formation de la conférence Est, la franchise du Michigan affiche un bilan aussi impressionnant qu’inimaginable au regard de sa situation il y a encore deux ans.

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À l’époque, Detroit symbolisait le naufrage. En 2023, les Pistons avaient conclu une saison cauchemardesque avec le pire bilan de la ligue et les meilleures probabilités d’obtenir Victor Wembanyama lors de la draft. Le sort en a décidé autrement : seulement le cinquième choix, des moqueries en guise de consolation et l’espoir français qui prenait la direction de San Antonio. Deux ans et demi plus tard, les rires ont cessé. Car si les Spurs progressent avec leur phénomène, Detroit fait encore mieux et domine aujourd’hui l’Est.

Il y a exactement deux ans, la franchise aux trois titres NBA (1989, 1990, 2004) enchaînait une 26e défaite consécutive, une série noire qui allait s’étendre jusqu’à 28 revers d’affilée — un record historique en NBA. Cade Cunningham, numéro un de la draft 2021, en avait même laissé couler quelques larmes, perdu dans une organisation en pleine dérive. Cette saison-là, les Pistons avaient terminé à 17 victoires pour 65 défaites. Et le pire restait à venir : en 2023-2024, ils ne remportaient que 14 matches.

Aujourd’hui, le contraste est saisissant. Alors que le premier tiers de la saison 2025-2026 vient à peine d’être franchi, Detroit affiche déjà 23 succès pour seulement 7 défaites. Cunningham, désormais candidat crédible au Top 5 du MVP, et ses coéquipiers sont en passe de dépasser en un seul exercice le total de victoires cumulées entre 2022 et 2024. Deuxième meilleur bilan de NBA derrière l’intouchable Thunder, les Pistons ont pris tout le monde de court.

Cette renaissance rend la trajectoire encore plus improbable au regard de la malchance accumulée à la draft. Malgré cinq saisons consécutives à 23 victoires ou moins, Detroit n’a souvent récolté que des choix modestes, là où d’autres franchises en reconstruction ont su capitaliser. En 2023, alors qu’ils rêvaient de Wembanyama, les Pistons ont dû se rabattre sur Ausar Thompson, joueur prometteur mais loin du statut générationnel du Français.

L’été suivant, la tentative de redressement menée par Monty Williams s’est soldée par un échec retentissant. Limogé après une seule saison malgré un contrat record de six ans et 78,5 millions de dollars, le technicien est devenu malgré lui un symbole de cette période de chaos.

Pourtant, c’est bien ce groupe-là qui a amorcé le redressement. La saison passée, Detroit retrouvait les play-offs pour la première fois en six ans, sous l’impulsion d’un Cade Cunningham étincelant, déjà septième du classement MVP. Mais personne n’imaginait un bond aussi spectaculaire : passer d’un pourcentage de victoires de 53,7 % à près de 79 % en quelques mois, sans révolution d’effectif.

L’été dernier, les Pistons ont surtout misé sur la continuité, ajoutant simplement de l’expérience avec Duncan Robinson, Caris LeVert et Javonte Green. Le socle est resté intact autour de Cunningham, Jalen Duren ou Tobias Harris. Un choix assumé par l’entraîneur J.B. Bickerstaff : « Nous avons atteint un point de maturité. Nous avons voulu laisser nos jeunes joueurs continuer à progresser ensemble. »

Ceux qui ont vécu la descente aux enfers n’ont rien oublié. « Tous n’étaient pas là pendant la série de 28 défaites, mais ceux qui l’ont traversée savent que nous avons encore beaucoup à prouver », confiait récemment Jalen Duren.

Du fond du gouffre aux sommets de la NBA, Detroit est même parvenu à égaler la plus longue série de victoires de son histoire : 13 succès d’affilée, comme les mythiques Bad Boys de 1990 ou les champions de 2005. À l’époque, ces équipes avaient fini par soulever le trophée. À Detroit, personne ne parle encore de titre. Mais au rythme où avancent ces Pistons, difficile de ne pas croire à une fin heureuse.

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