Le champion d’Italie n’a pas vraiment bénéficié d’une pause reposante. En moins de quinze jours, Naples a été secoué par trois événements majeurs : Antonio Conte, son entraîneur, a explosé en conférence de presse puis déserté les entraînements ; Franck Zambo Anguissa, pilier du milieu, s’est gravement blessé ; et Aurelio De Laurentiis, président du club, a été mis en examen pour falsification comptable concernant notamment le transfert de Victor Osimhen.
« Pas envie d’accompagner des morts » : la mise en garde de Conte
Ne parlez surtout pas de « trêve » aux Napolitains. Selon le Larousse, une trêve est une « cessation temporaire de tout acte d’hostilité ». Tout le contraire de ce qu’a traversé Naples ces quinze derniers jours, pourtant censés être consacrés aux sélections nationales. Et tout a commencé par un véritable sabotage interne…
Le 9 novembre, Naples, méconnaissable, s’incline 2-0 à Bologne, subissant sa cinquième défaite de la saison, soit plus qu’au cours de toute la dernière saison. Antonio Conte, hors de lui, ne mâche pas ses mots en conférence de presse : « Je ne veux pas accompagner des morts. Une équipe favorite qui perd déjà cinq fois, c’est qu’il y a un problème. Dans le football, préparer ses matchs ne suffit pas : il faut du cœur et de la passion. »
Le ton monte encore : « Je n’ai pas réussi à entrer dans les têtes et les cœurs », « Nous ne sommes pas une équipe », « Certains joueurs pensent plus à leur intérêt personnel qu’au collectif ».
Même pour le caractère volcanique de Conte, ces déclarations sont extrêmes, surtout alors que Naples n’a que deux points de retard sur le duo de tête (Roma et Inter). Le lundi suivant, Aurelio De Laurentiis tente d’éteindre l’incendie en affirmant son soutien au coach et en démentant toute rumeur de démission.
Conte se met en retrait
Mais le coach napolitain, électron libre, décide de prendre du recul. Alors que les entraînements reprennent mercredi sans les internationaux, il ne se présente pas, officiellement pour une permission de trois jours à passer en famille entre Turin et Lecce. À Castel Volturno, son adjoint Christian Stellini prend le relais, suivant des séances validées par Conte.
Selon le quotidien Il Mattino, l’entraîneur serait « fatigué » et « épuisé » par les derniers mois. Il s’éloigne ainsi une semaine de la ville et de ses joueurs, coupant tout contact, avant de revenir en début de semaine suivante et de tenir un discours clair et direct : il exige que ses joueurs se réveillent pour le match face à l’Atalanta.
Anguissa : un coup dur
Entre-temps, Franck Zambo Anguissa, l’un des rares joueurs à performer cette saison, se blesse gravement avec la sélection camerounaise. Des examens révèlent une lésion importante au biceps fémoral de la cuisse gauche. Le joueur entame sa rééducation, mais son retour n’est prévu qu’au début de l’année prochaine. Une absence qui provoque la colère du président : « Quand il y a des championnats, il faut aller au bout sans interruption. Si un joueur se blesse, il faut une compensation. » Anguissa est d’ores et déjà forfait pour la prochaine Coupe d’Afrique des Nations au Maroc (21 décembre – 18 janvier).
De Laurentiis devant la justice
Pour clore cette trêve cauchemardesque, le président napolitain Aurelio De Laurentiis et son directeur général Andrea Chiavelli ont été mis en examen à Rome. Le motif : falsification présumée autour des transferts de Victor Osimhen et Kostas Manolas, avec des plus-values fictives et des manipulations comptables. De Laurentiis, qui sera jugé le 2 septembre 2026, réfute les accusations et assure, dans un communiqué, que toutes les opérations du club sont régulières et que la vérité sera établie.
Pour les Napolitains, la prochaine « trêve » ne sera que dans quatre mois…




