À près de 5 500 kilomètres de Madrid, le scénario vécu sur la Vuelta pourrait-il se reproduire ? Alors que le Tour d’Espagne a été perturbé par des actions de militants pro-palestiniens, les Grands Prix de Québec et Montréal pourraient à leur tour être la cible de protestations. Tadej Pogacar et Wout van Aert ont partagé leurs inquiétudes.
En Espagne, l’organisateur lutte pour maintenir la course malgré des étapes écourtées, annulées ou perturbées par les manifestants opposés à la présence de l’équipe Israel-Premier Tech. Ces incidents, parfois dangereux pour les coureurs, nourrissent les craintes au Canada, où Pogacar est attendu en vedette.
Mercredi, le maire de Québec Bruno Marchand et le directeur des courses Joseph Limare ont assuré que la sécurité était prise très au sérieux. Le premier a rappelé l’équilibre à trouver entre le droit de manifester et la bonne tenue de l’événement : « Le service de police travaille en étroite collaboration avec les groupes concernés. Nous voulons que la course ait lieu dans le respect des lois et des libertés. »
Malgré ces assurances, l’inquiétude persiste dans le peloton. « Je pense que tous les coureurs ont peur de ce qui peut arriver, a confié Pogacar. On court à fond, on donne tout, et c’est une nouvelle menace qui peut surgir. On en parle entre coéquipiers, surtout après ce que l’on a vu en Espagne. On se dit que cela pourrait arriver ici, au Canada, ou ailleurs d’ici la fin de saison. »
Wout van Aert partage cette appréhension : « Beaucoup de coureurs sont inquiets, non seulement à cause des manifestations mais aussi du climat général. J’espère surtout que nous pourrons offrir une belle course et quelques heures de plaisir au public. »
À Montréal, la vigilance est encore plus grande : la ville est l’un des foyers de mobilisation pro-palestinienne au Canada. Le milliardaire israélo-canadien Sylvan Adams, fondateur de l’équipe Israel-Premier Tech, y est régulièrement pris pour cible. Or, la sécurisation complète des circuits de Québec et Montréal semble difficile à garantir, renforçant la crainte que les manifestations s’invitent sur les courses de ce week-end.




