C’est un scénario inédit dans l’histoire du Top 14 : après dix journées, USA Perpignan ne compte toujours qu’un seul point au classement. Malgré le récent changement de manager, rien ne s’est arrangé samedi face au Montpellier Hérault Rugby, avec une lourde défaite 28-0. Une nouvelle claque qui illustre l’ampleur d’une crise désormais profonde, complexe, et toujours sans responsable clairement identifié.
Délocalisée à Béziers après les incidents survenus avec ses supporters le 20 septembre, la réception de Montpellier devait marquer un tournant. Elle s’est transformée en humiliation. Dix rencontres, dix défaites : un naufrage historique. Après la rencontre, Laurent Labit n’a pas cherché à masquer la réalité : son équipe a été dominée dans tous les secteurs, notamment dans l’impact et les phases de conquête. Une analyse partagée par Thierry Dusautoir, qui a pointé l’absence d’engagement, pourtant au cœur de l’identité de jeu catalane.
Une responsabilité désormais tournée vers les joueurs
Le staff précédent a payé l’addition, désormais l’exigence se déplace vers l’effectif. Le discours est clair : seuls ceux prêts à tout donner resteront dans l’aventure. La volonté est pourtant visible dans le vestiaire, comme l’a rappelé Tom Ecochard, déterminé à remettre l’équipe dans le combat collectif. Mais l’investissement individuel reste irrégulier, comme l’ont montré certaines sorties publiques du nouveau manager.
Le chantier est d’autant plus délicat que l’infirmerie ne désemplit pas. Plusieurs cadres sont absents de longue durée, tandis que certaines rechutes fragilisent encore davantage une équipe déjà en difficulté physique et mentale.
Un club qui a pourtant investi massivement
Cette saison devait symboliser l’ambition retrouvée. Après le maintien arraché en barrages, la direction avait augmenté considérablement la masse salariale. Un effort financier assumé par François Rivière, aujourd’hui amer de ne pas voir ces investissements se traduire sur le terrain. Le constat est sévère : trop de joueurs manquent encore d’agressivité, de caractère et d’esprit de conquête.
Se raccrocher à l’âme catalane
Dans cette tempête, l’espoir passe par le cœur historique du club : son public. L’arrivée de Benjamin Urdapilleta, sorti de sa retraite pour relever ce défi, incarne cette tentative de réveil. À 39 ans, l’ouvreur argentin croit encore à une révolte collective, portée par la ferveur d’Aimé-Giral.
Au classement, l’écart reste mathématiquement comblable : à seulement six points du barragiste, rien n’est encore définitivement perdu. Mais le temps presse. Une réaction d’orgueil est attendue dès le prochain déplacement, sous peine de voir la saison basculer définitivement dans une spirale incontrôlable.




