Transferts – Joao Félix à Al-Nassr : la chute d’un ex-prodige qui a cessé d’y croire

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Joao Félix n’est plus que l’ombre du joueur que l’on annonçait comme une étoile montante du football européen. À seulement 25 ans, le Portugais rejoint Al-Nassr, scellant ce qui ressemble à un adieu prématuré au très haut niveau. Recalé par l’AC Milan, ignoré par Chelsea lors de la Coupe du monde des clubs, l’ex-prodige a finalement cédé aux sirènes saoudiennes, attiré autant par les millions que poussé par un entourage davantage préoccupé par les commissions que par sa carrière.

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Deux voies s’offraient pourtant à lui. La première menait à Lisbonne, un retour symbolique au Benfica qui l’avait révélé. Une trajectoire romantique, teintée de nostalgie, mais qui aurait pu lui offrir un vrai tremplin pour se reconstruire. Car Félix, artiste du ballon au style léger, semblait encore capable de raviver la flamme, à condition d’en avoir la volonté. Mais cette option a vite été balayée. Trop peu rentable pour son entourage, qui depuis son transfert record à l’Atlético (127 M€ en 2019) gère sa carrière comme un produit à écouler, et non comme un talent à faire éclore.

Résultat : une carrière sans stabilité, faite d’allers-retours entre clubs et prêts successifs, pour un total de plus de 200 millions d’euros générés en indemnités. Plus aucune place pour la construction d’un projet sportif durable.

Quand Al-Nassr s’est positionné, la décision fut rapide. Le club saoudien, déjà habitué aux gros coups avec Cristiano Ronaldo, a accepté sans broncher les exigences de Chelsea : 30 millions d’euros fixes, avec des bonus qui pourraient faire grimper l’opération à 50 millions. Les détails du contrat ne sont pas publics, mais on imagine facilement des sommes colossales à la clé. De quoi se demander pourquoi un joueur encore jeune choisit de s’exiler si loin de l’élite.

Félix aurait-il simplement cherché la paix ? Le calme, après des années de tumulte et de performances en dents de scie. En deux saisons, il a changé de club à huit reprises. À chaque fois, il a peiné à convaincre. Son irrégularité chronique est devenue sa marque de fabrique. Ni l’environnement ni ses coéquipiers n’ont pu lui permettre de retrouver la constance attendue à ce niveau.

Son récent passage à l’AC Milan illustre parfaitement ce déclin. Trois buts en 21 matchs, une finale de Coupe d’Italie ratée face à Bologne, et un prêt (5,5 M€) qui laisse un goût amer aux dirigeants rossoneri. L’entraîneur Sergio Conceição a tout tenté, sans succès. L’élégant meneur portugais ne semble plus avoir l’intensité ni la mentalité pour s’imposer. Un gâchis.

Alors que reste-t-il ? Un joueur encore jeune, mais désabusé, en proie au doute. Dans un podcast en janvier, il confiait sa peur d’échouer et de se trahir lui-même. Une lucidité touchante, mais qui n’a pas suffi à redresser la barre. Aujourd’hui, Joao Félix s’éloigne des lumières européennes. Peut-être pour se retrouver. Peut-être pour disparaître. Son arrivée à Al-Nassr ressemble à un dernier pari, ou à un renoncement.

Reste l’ombre d’un espoir : celle que la présence de Cristiano Ronaldo en Arabie saoudite lui serve de guide, et que la Seleção ne tourne pas tout à fait la page. Mais pour l’instant, Félix semble avoir déposé les armes. Pour de bon ?

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