Cet été, Venus Williams a retrouvé les courts après plus d’un an d’absence. À 45 ans, l’Américaine a même remporté un match sur le circuit et bénéficie à New York d’une invitation pour l’US Open. Vingt-huit ans après sa première participation à ce tournoi, elle reste animée par un amour du tennis qui dépasse la simple quête de victoire. Lundi, elle affrontera Karolina Muchova.
Il y a quelque chose de fascinant dans le parcours des sœurs Williams, et tout particulièrement de Venus. Leur arrivée sur la scène mondiale, il y a environ trente ans, a immédiatement captivé et impressionné le public. Pourtant, beaucoup doutaient de leur capacité à durer, estimant qu’elles étaient avant tout le produit de l’ambition de leur père, Richard, déterminé à faire d’elles des championnes. Une fois autonomes, que resterait-il de cette volonté imposée ?
Les faits ont répondu. Année après année, décennie après décennie, Venus Williams a prouvé que le tennis était bien sa passion. Après avoir disparu du classement WTA, elle est devenue, cet été à Washington, la deuxième joueuse la plus âgée de l’histoire à remporter un match sur le circuit, derrière Martina Navratilova. Et lundi, elle foulera le court Arthur-Ashe pour affronter la 11e tête de série, Karolina Muchova. « C’est dans mon ADN », a confié Venus samedi.
Le tennis est une part essentielle de sa vie. Arrivée adolescente il y a 30 ans, elle prévoit d’y rester liée encore des décennies. « Je pense que je jouerai toujours au tennis. Peu importe que ce soit maintenant ou dans 30 ans, explique-t-elle. J’aime taper dans la balle dès le matin. Si Dieu le veut, dans 30 ans, je serai là, et nous serons tous là pour continuer à jouer. Quoi qu’il arrive, le tennis restera toujours un aspect central de ma vie. »
Venus avait 17 ans lors de ses débuts à Flushing Meadows, en 1997, et atteignait déjà la finale. Sa carrière new-yorkaise a été jalonnée de succès, notamment ses victoires en 2000 et 2001, et sa dernière demi-finale remonte à 2017. Elle se souvient encore de ses premiers pas avec émotion : « J’étais tellement nerveuse… L’US Open me paraissait énorme, tout semblait grand. Mais j’avais réussi à renverser la situation dès le premier match contre Larisa Neiland, et c’était un début important pour moi. »
Dès ses débuts, Venus avait montré un caractère hors du commun, comme lors de sa demi-finale épique contre Irina Spirlea. Sa première finale, perdue face à Martina Hingis, reste la plus jeune finale de l’ère Open. Aujourd’hui, Venus joue pour le plaisir et pour se dépasser elle-même, sans se soucier des points ou du classement. « Je veux être au meilleur de ma forme, c’est tout ce que j’attends de moi-même. Je n’ai pas joué autant que les autres récemment, donc c’est un défi différent. J’essaie juste de m’amuser, de rester détendue et de donner le meilleur de moi-même. »
Après 17 mois d’absence liés à des problèmes de santé, dont des fibromes utérins douloureux, le retour de Venus sur les courts est un vrai défi. Mais elle ne se considère pas à la retraite et continue de vivre pleinement son sport. « J’adore mon travail. C’est là que réside ma joie », assure-t-elle. Lundi, sur le court Arthur-Ashe, cette joie sera à nouveau visible, pour le plus grand bonheur de Venus et des spectateurs.




