Novak Djokovic a franchi mercredi un nouveau cap dans sa carrière en atteignant pour la 75e fois le troisième tour d’un tournoi du Grand Chelem, surpassant ainsi Roger Federer. Face à l’Américain Zachary Svajda (6-7(5), 6-3, 6-3, 6-1), le Serbe a certes validé son billet, mais sans se montrer pleinement convaincant. Et c’est surtout ce constat qui dominait son discours après la rencontre : son jeu ne le satisfait pas.
À 38 ans, certains imaginent Djokovic en tournée d’adieu, se concentrant uniquement sur les Majeurs. Pourtant, le numéro un mondial n’a rien d’un vacancier : son exigence demeure intacte. Et même dans la victoire, il se montre dur envers lui-même. « Honnêtement, ce n’était pas terrible », a-t-il reconnu après une prestation marquée par 14 fautes directes dans un premier set brouillon et une entame compliquée du troisième. La blessure de son adversaire, limité dans son service, a finalement facilité sa tâche.
Malgré ces difficultés, le Serbe continue d’empiler les records :
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75 qualifications pour un troisième tour en Grand Chelem (record absolu)
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19e présence à ce stade de l’US Open (record de Federer égalé)
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191 victoires sur dur en Majeur (record de Federer égalé).
De quoi impressionner le commun des mortels, mais pas Djokovic lui-même. « On peut penser que je n’ai plus rien à prouver, mais je ressens toujours ce besoin de démontrer que je peux encore gagner, expliquait-il. Mon objectif reste de donner le meilleur de moi-même, même si je ne suis pas satisfait de mon niveau. »
Comme au premier tour face à Learner Tien, Djokovic est apparu frustré, parfois agacé, loin de l’attitude détendue qu’on pourrait attendre d’un joueur de son palmarès. Il l’a d’ailleurs reconnu : « Ce n’est pas une question de motivation. J’ai été contrarié par certaines choses internes, mais je préfère ne pas entrer dans les détails. Sur le court, j’essaie de tout bloquer et de résoudre l’énigme qui se présente. »
Sa prochaine énigme s’appelle Cameron Norrie, un adversaire qu’il a toujours dominé (6 victoires en 6 confrontations). Mais la vraie question dépasse ce match : Djokovic peut-il enfin décrocher ce 25e titre du Grand Chelem, lui qui reste sur plusieurs demi-finales frustrantes en Majeur et doit désormais composer avec la montée en puissance du duo Alcaraz–Sinner ?
La réponse, Djokovic l’apporte avec sa lucidité habituelle : « J’aime toujours autant la compétition. Je veux rester au plus haut niveau, c’est pour cela que je suis exigeant avec moi-même et avec mon équipe. Je n’aime pas mal jouer, d’où mon manque d’expressivité aujourd’hui. Mais au prochain match, je vous promets un poing serré ! »
Et sur cette note teintée d’humour, le Serbe a esquissé un sourire. Pas encore le Djokovic flamboyant attendu sur le court, mais toujours l’infatigable compétiteur obsédé par l’excellence.




