Max Verstappen n’a finalement pas pu jouer la carte du « bouchon ». Le pilote Red Bull, qui avait envisagé d’adopter la même stratégie que Lewis Hamilton en 2016 pour ralentir le peloton et placer Lando Norris sous pression, a dû renoncer dimanche lors du Grand Prix d’Abu Dhabi. Non pas par choix, mais parce que McLaren – et plus précisément Oscar Piastri – ont parfaitement contré cette option. Explications.
C’était pourtant la seule stratégie réellement crédible, même si Red Bull s’en défendait jusque-là. Après les qualifications dominées par Verstappen, l’idée d’un rythme volontairement contrôlé pour regrouper les voitures avait naturellement refait surface. Avec une équation simple : pour viser le titre, le Néerlandais devait gagner, mais aussi espérer que Lando Norris ne termine pas sur le podium. Problème : le Britannique s’était qualifié deuxième, juste devant Piastri.
McLaren avait anticipé tous les scénarios
S’il est impossible de savoir si Piastri aurait sacrifié sa position en cas de danger pour son coéquipier, une chose est sûre : McLaren avait préparé une parade parfaite pour ne pas laisser cette situation dégénérer.
Pour le départ, l’équipe anglaise a aligné Norris sur les mêmes pneus mediums que Verstappen, histoire de le suivre de près. À l’inverse, Piastri est parti en gommes dures, une décision basée sur deux axes : lui offrir une stratégie différente pour conserver une chance mathématique d’être titré, et surtout rendre toute tentative de blocage de Red Bull beaucoup plus compliquée.
« J’avais plusieurs scénarios en tête, a reconnu Verstappen après la course. J’ai compris que ce serait difficile quand j’ai vu les pneus d’Oscar. » Le dépassement rapide de Piastri sur Norris n’a d’ailleurs fait que renforcer le contrôle de McLaren sur la situation, tout en compliquant les plans de Red Bull.
« Ce n’était pas complètement prémédité, a expliqué Will Joseph, l’ingénieur de Norris. Mais nous avions identifié ce qui pouvait arriver et nous savions que cela offrait des opportunités. Quand Oscar a dépassé Lando, celui-ci n’a pas vraiment cherché à se défendre. Nous étions sereins. »
Un dilemme insoluble pour Verstappen
Verstappen s’est donc retrouvé coincé entre deux options toutes aussi risquées l’une que l’autre : ralentir le peloton aurait offert à Piastri une position idéale pour gérer ses pneus et potentiellement jouer la victoire ; accélérer l’empêchait de maintenir Norris sous la menace de Charles Leclerc. Ferrari a tenté d’exploiter la situation avec un deuxième arrêt, espérant pousser Norris à la faute, mais McLaren a couvert immédiatement.
« Avec la stratégie d’Oscar, tu ne sais jamais quand il va s’arrêter ni quel rythme il a, a expliqué Verstappen. Nous étions un peu trop rapides pour vraiment retenir le groupe. Charles a tout donné pour accrocher le podium, c’était impressionnant. »
Avec des pneus plus usés et un tracé modifié depuis 2021, ce plan de course façon Hamilton 2016 était devenu irréalisable. Les conditions n’étaient plus réunies pour reproduire la célèbre manœuvre du Britannique, qui avait tenté ce même jeu d’échecs contre Nico Rosberg… avec un certain Verstappen parmi les menaces de l’époque.
Un vainqueur… spectateur
Verstappen a beau avoir remporté la course, il est resté impuissant face à la stratégie parfaitement exécutée de McLaren. « Je regardais l’écran géant pour voir si quelque chose se passait derrière, a-t-il plaisanté. Tu observes à chaque ligne droite… Mais c’est la course. »
Cette fois, aucun miracle ne lui a permis de renverser la situation.




