Samedi, Ciryl Gane s’apprête à affronter Tom Aspinall lors de l’un des combats les plus attendus de l’année en MMA. Des millions de téléspectateurs dans le monde suivront le duel, dont beaucoup depuis sa ville natale, La Roche-sur-Yon. Avant ce rendez-vous, Eurosport est allé à la rencontre de ses parents et de ceux qui l’ont connu dans la ville vendéenne, retraçant les premières années de « Bon Gamin ».
Des origines modestes dans le quartier de La Garenne
Né le 12 avril 1990 à La Roche-sur-Yon, Ciryl Gane a grandi dans le quartier de La Garenne, toujours le domicile familial de ses parents Maryse et Romain Gane. Quelques jours avant son combat à Abu Dhabi, le couple a ouvert les portes de leur maison pour partager des souvenirs d’enfance, comme l’anecdote des voyelles inversées dans le prénom de leur fils.
« À la maternité, je ne l’ai vu qu’après sa déclaration à la mairie. Peut-être une erreur administrative, mais finalement, cela lui donne une petite singularité », raconte Maryse Gane, souriant face aux souvenirs.
Un enfant doux, rêveur et attachant
Ciryl a grandi entouré de son frère et de sa sœur dans un environnement chaleureux. Surnommé « Bon Gamin » par ses amis, il se montrait serviable et toujours proche de ses camarades. Sa mère se souvient : « Jusqu’à six ans, il avait peur de tout. La séparation en maternelle a été difficile, et il a commencé à bégayer. Mais il s’est rapidement adapté à l’école. »
À l’école primaire, Ciryl impressionnait par sa douceur, son humour et sa capacité à protéger ses amis. Ses enseignants et camarades l’appréciaient pour sa gentillesse et son intelligence, bien que parfois rêveur. « Lorsqu’il se concentrait, il avançait très vite », ajoute sa mère.
Du football au basket : un talent sportif polyvalent
Avant de se tourner vers les sports de combat, Ciryl s’essaie au football à l’Étoile Sportive Ornaysienne. Ses qualités impressionnent ses coéquipiers et entraîneurs, mais il quitte le club à 15 ans, frustré par les exigences qui lui étaient imposées. Il se tourne alors vers le basket, suivant les traces de son frère David et de sa sœur Julie, et brille rapidement, attirant l’attention des meilleurs clubs de Vendée.
« Dès qu’il touche à un sport, il excelle », souligne son père. Cependant, quelques désillusions dans sa carrière basket le poussent à explorer d’autres voies.
La révélation dans les arts martiaux
Après un BTS commerce, Ciryl Gane découvre le muay-thaï à Puteaux. Ses aptitudes naturelles font de lui un combattant d’exception. Pour ses parents, cette orientation était inattendue : « Petit, il n’aimait pas la bagarre. Il était pacifique et ne regardait pas les combats à la télé », confie Maryse Gane. Aujourd’hui, elle suit ses combats avec appréhension et préfère attendre l’appel rassurant de sa fille une fois les combats terminés.
Une star mondiale attachée à sa ville
Malgré son succès international, Ciryl Gane reste fidèle à La Roche-sur-Yon. Il y promeut régulièrement la ville et est revenu porter la flamme olympique avant les JO 2024. Sa mère se souvient de son émotion : « Il avait la larme à l’œil. Ciryl est fier de sa ville et très respectueux envers les habitants. »
À La Roche-sur-Yon, la fierté est unanime. Le maire Luc Bouard et son adjoint aux sports, Sébastien Allain, saluent son humilité et son engagement. « Quand il apparaît en ville, c’est comme si Kylian Mbappé était là », raconte l’adjoint. Ciryl accepte toujours les selfies et interactions avec ses fans, gardant un lien sincère avec sa communauté.
Samedi à Abu Dhabi, « Bon Gamin » sera à nouveau sous les projecteurs, cette fois devant des millions de spectateurs à travers le monde, mais La Roche-sur-Yon restera toujours dans son cœur.




